December 2010 - 3 researchers and alumni awarded


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NICOLAS COEURDACIER

Prix « jeune chercheur en économie » 2010 de la Fondation Banque de France
Diplômé de l’Ecole Polytechnique, docteur en économie de PSE-Ecole d’économie de Paris (EHESS/ENS) depuis 2006, Nicolas Coeurdacier est un spécialiste de la macroéconomie et de la finance internationale. Assistant professor à la London Business School de 2007 à 2010, il a également été visiting assistant professor à l’université de Berkeley et à la London School of Economics, avant d’être recruté à la rentrée 2010-2011 par le département d’économie de Sciences Po comme professeur associé.
Membre du CEPR et du Cepremap, il a récemment publié dans les meilleures revues internationales : Journal of International Economics, Economic Policy et le Journal of International Money and Finance. Ses recherches ont été primées à plusieurs reprises : prix AFSE 2006 pour sa thèse réalisée à PSE-EEP sous la direction de Richard Portès, prix Houblon-Norma Fellow de la Banque d’Angleterre, Chaire d’excellence ANR 2010 et prix 2010 du « jeune chercheur en économie » remis par la Fondation Banque de France.
Ce prix a récompensé l’historique des recherches effectuées, mais également l projet présenté : « Les choix de portefeuilles non-triviaux dans les modèles de la macroéconomie ouverte ». Partant d’un constat simple - la globalisation financière comme mécanisme majeur - Nicolas Coeurdacier propose ici, eu égard à la succession d’évènements économiques depuis l’été 2008, d’approfondir l’étude des actifs internationaux au sein des modèles macroéconomiques ouverts.
Ce projet, qui permet de revisiter des questions essentielles (impact des taux de change sur les transferts de richesses, effets internationaux des choix de politique monétaire et budgétaire...) s’articule autour de trois pistes principales : tout d’abord, incorporer de nouvelles données relatives aux classes d’actifs internationaux, notamment les titres de dettes, dans les modèles existants qui n’étudiaient jusque-là que les échanges d’actions ; or, l’actualité le rappelle quotidiennement, les positions externes (dettes, actions, prêts bancaires...) des pays – notamment européens – et leurs liens avec les taux de change représentent un enjeu fondamental.
Ensuite, dépasser le cadre de l’agent ‘représentatif’ souvent utilisé en macroéconomie ouverte et analyser comment, en fonction de leur exposition différente aux marchés financiers domestiques et internationaux, des agents d’une même économie peuvent être affectés différemment par la fluctuation des prix des actifs financiers.
Enfin, dépasser les approximations locales actuelles en mettant en oeuvre de nouvelles méthodologies liées aux choix de portefeuille, notamment en présence de différentiels de rendements entre pays ou de ‘chocs’ importants.
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JEANNE HAGENBACH


Prix de thèse en économie 2010 AFSE-Association Française de Sciences Economiques
Après des études en économie à l’université Louis Pasteur de Strasbourg, Jeanne Hagenbach a rejoint l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2004. Elle a ensuite obtenu son doctorat en novembre 2009 à PSE-Ecole d’économie de Paris (au sein du CES) sous la direction de Frédéric Koessler et Jean-Marc Tallon, en présentant une thèse intitulée « Communication stratégique et réseaux ». Ses thèmes de recherche de prédilection sont la théorie microéconomique, la théorie des jeux, les réseaux sociaux et l’économie de l’information. Post-doctorante à l’université de Mannheim durant 1 an, elle est, depuis la rentrée 2010-2011, chargée de recherche au CNRS, détachée auprès du laboratoire d’économie de Polytechnique.
2010 a été une année synonyme de réussite : Jeanne Hagenbach a publié deux articles dans des revues internationales de très haut niveau (Review of Economic Studies - article co-écrit avec F. Koessler - et Games and Economic Behavior) et a obtenu le prix Richelieu de la Chancellerie des Universités de Paris ainsi que le prix de thèse en économie 2010. Ce prix, remis lors du congrès de l’AFSE en septembre, a récompensé un mémoire s’inscrivant dans la littérature sur la communication stratégique dans les jeux ; plus précisément, il mêle des modèles théoriques sur les réseaux économiques et sociaux, champ de recherche relativement récent en économie, à l’analyse des articulations entre les intérêts individuels et collectifs de ses membres.
En remettant en question une hypothèse courante en théorie des organisations, Jeanne Hagenbach a analysé un environnement cognitif peu étudié et très répandu : celui où les individus entravent - pour de multiples raisons - la mise en commun de l’information nécessaire au succès de leur groupe. Elle met ainsi en lumière les liens entre les révélations « honnêtes et complètes » d’informations par un agent et les conflits d’intérêts qui l’animent vis-à-vis des destinataires de ces informations. Dans une optique d’optimisation, réduire ces divergences d’intérêts encourage alors la diffusion des informations de manière transparente et exhaustive. En ce sens, instaurer, au sein d’une population (une entreprise, une unité, un service...), un réseau de communication adapté peut permettre de mettre en contact des individus aux objectifs plus similaires, réduisant ainsi les écarts entre possession d’information et divulgation. C’est en effet l’aspect ‘stratégie individuelle’ qui est primordial puisque Jeanne Hagenbach s’est focalisée sur la manière dont la position d’un agent au sein d’une organisation affecte ses incitations à partager ou non ses informations. Inversement, la gestion des informations semble être à l’origine même des relations, donc des positions qu’un agent occupe, renforce ou perd (en termes d’influence, de progression...) dans un réseau.
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FREDERIC KOESSLER


Médaille de bronze 2010 CNRS - Institut des sciences humaines et sociales (INSHS)
Spécialiste en théorie des jeux non coopératifs, Frédéric Koessler est depuis 2002 chargé de recherche au CNRS. Après avoir passé 5 ans à l’université de Cergy-Pontoise, il a rejoint PSE-Ecole d’économie de Paris en 2007. Titulaire d’un doctorat en sciences économiques obtenu en 2001 à l’université de Strasbourg sous la direction de Gisèle Umbhauer, il valide 8 ans plus tard son habilitation à diriger des recherches.
Editeur associé à l’International Journal of Game Theory et aux Annales d’Economie et de Statistiques, il a été invité dans différents centres de recherche pour de nombreux séjours et colloques (Allemagne, Israël, Espagne, Etats-Unis...) et a reçu diverses distinctions, dont la plus récente remise fin 2010 par le CNRS.
Cette médaille de bronze est décernée chaque année à une quarantaine de chercheurs travaillant dans l’ensemble des champs scientifiques représentés au sein de cette institution. Cinq ont reçu en 2010 le prix remis par l’INSHS qui « récompense le travail d’un [...] spécialiste de talent dans son domaine et représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes ». Ses nombreuses publications en économie théorique et expérimentale dans d’excellentes revues internationales vont effectivement dans ce sens : Games and Economic Behavior, Journal of Mathematical Economics, Journal of Economic Theory, Journal of Risk and Uncertainty, Review of Economic Studies...
Frédéric Koessler propose de nouveaux modèles de théorie des jeux et des applications économiques ; plus précisément, il étudie la crédibilité de l’information et l’impact de la communication et de la certification stratégique d’information dans les situations de décisions interactives avec asymétries d’information.
L’originalité de ses travaux est de ne pas restreindre l’analyse de la communication au cas unilatéral expert-décideur ; ainsi, les modèles proposés permettent notamment d’étudier le rôle de la médiation, la communication bilatérale et les interactions stratégiques entre plusieurs récepteurs d’information. Son intérêt plus général pour les asymétries d’information l’a également amené à travailler sur le problème des cascades informationnelles, la publicité informative, l’économie expérimentale ou encore sur les modèles de rationalité limitée reposant sur les anticipations imparfaites des stratégies des autres joueurs. Frédéric Koessler explore actuellement de nombreux thèmes de recherche : un projet a récemment vu le jour avec Ariane Lambert-Mogiliansky afin d’étudier théoriquement les problèmes d’extorsion dans les pays à faible gouvernance et le rôle des assurances contre les risques politiques.
Par ailleurs, il a engagé une vaste réflexion sur un problème fondamental en théorie des jeux : comment étudier la formation de coalitions et les décisions d’engagement entre des joueurs qui détiennent des informations privées ? Ces questions ont un intérêt économique incontestable et soulèvent des analyses théoriques nouvelles et variées auxquelles il souhaite consacrer nombre de papiers et interventions dans les prochaines années.