L’un de vos sujets de recherche est la lutte contre la pauvreté...
Gary Fields Oui, et plus précisément je travaille sur les problématiques à l’intersection de l’économie du développement et des questions liées à l’Emploi. J’étudie principalement, dans les pays en développement (en Asie, Afrique et Amérique Latine où je me rends souvent) la répartition des revenus et le marché du travail. Sur ce dernier thème, mon travail d’envergure le plus récent est un ouvrage intitulé Working Hard, Working Poor : A Global Journey qui paraîtra cette année chez Oxford University Press. Mes recherches sur la répartition des revenus se traduisent, elles, par un programme de longue haleine sur la pauvreté, la mobilité salariale et le bien-être économique. Lors de mon séjour à PSE l’été dernier, j’ai notamment travaillé de concert avec François Bourguignon sur un papier que nous finaliserons prochainement.
Dans toutes ces recherches, le parti est pris de faire passer les agrégats macroéconomiques — ainsi le PIB par habitant — au second plan : il est primordial de penser en premier lieu aux plus démunis et à leurs (meilleures) conditions de vie, et aux facteurs pesant dans un sens ou dans l’autre sur leurs évolutions.
Ces nombreux projets vous occupent depuis des années : les trouvez-vous toujours aussi passionnants ?
G.F. Mon implication et ma volonté ne fléchissent pas : depuis mon premier voyage au Kenya durant ma thèse doctorale jusqu’à ce jour, je reste à la fois inquiet et mobilisé devant les lourdes tâches et responsabilités que nous partageons tous. Certes, la pauvreté dans le monde a été réduite de moitié en une génération (i.e 30 ans), mais 3 milliards d’individus vivent aujourd’hui avec moins de 2,5 dollars par jour (en unité de parité de pouvoir d’achat). Je suis convaincu que les économistes, les premiers, doivent s’attaquer à cela en mettant encore plus qu’aujourd’hui leur savoir en action. Quand j’entends les discussions actuelles aux États-Unis sur la fiscalité, la dette, les déficits, etc. je déplore le peu de voix qui s’élèvent pour souligner les conditions actuelles des plus défavorisés, et les effets potentiels pour eux des décisions à venir ou à l’étude. Ces catégories semblent de fait absentes des débats, et leur avenir est par conséquent ignoré dans la majorité des recommandations et interventions publiques. Sur ce point, l’aspect normatif de mon travail consiste à déterminer les objectifs et effets hypothétiques des politiques mises en oeuvre : j’essaie – tout comme d’autres économistes du développement – d’inciter les décideurs publics à fixer les conditions d’une minimisation de la pauvreté, ou d’une maximisation du taux d’emploi et des revenus, notamment pour les plus précaires.Le champ thématique incluant ces réflexions est « applied welfare economics » (l’économie appliquée du bien-être) : pour appréhender ce qu’est le bien-être, la notion de revenu global doit être complétée par l’analyse de sa répartition au sein de la société. Les méthodes analytiques macroéconomiques trouvent en effet leurs limites lorsque l’on travaille sur la pauvreté, les inégalités ou encore le chômage, c’est pourquoi nous sommes si nombreux à travailler actuellement à l’élaboration de nouveaux outils permettant d’appréhender au mieux ces sujets cruciaux.
En complément de vos travaux académiques, vous travaillez souvent avec des institutions internationales n’est-ce pas ?
G.F. Tout à fait : je suis régulièrement mis à contribution par la Banque Mondiale, la Banque Interaméricaine de Développement ou la Banque Asiatique du Développement mais également par les gouvernements américains, canadiens, britanniques et autres. Par ailleurs, le besoin en « experts » allant grandissant, nombre d’étudiants de Cornell University rejoignent ces grandes institutions après leur doctorat.
J’ai ce point commun avec certains économistes de PSE, et en premier lieu François Bourguignon que je connais depuis près de 25 ans : l’économie du développement est autant une science sociale qu’un champ économique au sens strict et il nous faut, pour faire entendre nos positions, développer les analyses et outils intégrant le plus de composantes humaines et qualitatives possibles. Je partage également la volonté de transmettre aux prochaines générations de chercheurs - qui ont encore beaucoup à faire - les connaissances et méthodes accumulées, et c’est à ce titre que les cours et formations occupent une place croissante dans mon agenda. En ce sens, être ici à Paris revêt une couleur particulière pour moi, Jourdan étant ma principale « maison » à l’étranger où j’ai passé plus de 2 ans et demi depuis les années 90 : j’y ai donné des cours et conférences à des étudiants... qui sont aujourd’hui devenus des professeurs à PSE ! Quel sentiment troublant et agréable à la fois !
vendredi 18 mai 2012
Larry Blume, Cornell University : Network Formation in the Presence of Contagious Risk
Room S17, MSE 106-112 Bd de l’Hôpital 75013 Paris
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 8 (12h30-13h30)
Christian LEHMAN (PSE, Paris) : Local Economy Effects of Cash Transfers
lundi 21 mai 2012
MSE (S18), 106 Bd de l'hopital, Paris 13
Jose Luis Moraga-Gonzalez (Groningen University) : Search Costs, Demand-Side Economies and the Incentives to merge under Bertrand Competition
TEMA-IO
Chiara Tomasi (University of Trento) : Export activities under financial constraints: margins, quantities and prices
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 10 (17h00-18h30)
Bernard LEBRUN (University of York, Canada) : Revenue-superior variants of the second-price auction
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 8 (17h30-19h00)
Jane HUMPHRIES (Oxford University) : Childhood and child labour in the British industrial revolution
mardi 22 mai 2012
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 8 (12h30-13h30)
Marie-Anne VALFORT (PSE, Paris) : One Muslim is Enough! Evidence from a Field Experiment in France
Co-author(s): Claire Adida & David Laitin
Sciences-Po - 56 rue des saints Pères – 7ème (Salle Goguel) (14h30-16h00)
Gianmarco OTTAVIANO (LSE) : Agglomeration, Trade and Selection
jeudi 7 juin 2012
Du 7 au 8 juin
7-8 juin, Communication and Beliefs Manipulation :
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