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Prix « jeune chercheur en économie » 2011 de la Fondation Banque de France
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Quel a été votre parcours jusqu’ici pour figurer parmi les meilleurs jeunes économistes de France ?
Ce prix décerné par la Fondation Banque de France est un véritable honneur. Très concrètement, il me permettra de consacrer plus de temps à mes activités de recherche grâce au « rachat » d’heures de cours à mon institution, l’Ecole Polytechnique. J’y ai rejoint l’équipe d’économie au sortir de mon doctorat, en 2007, en tant qu’enseignant-chercheur. Ma thèse, validée à l’Ecole d’économie de Paris, m’a donné l’occasion d’étudier la manière dont les comportements stratégiques des entreprises exportatrices affectaient le niveau général des prix en économie ouverte.
Pourriez-vous nous en dire plus : il s’agit de travailler à la frontière entre le commerce et la macroéconomie, est-ce bien cela ?
Tout à fait ! Je me suis intéressée au cours de cette thèse aux déterminants « micro-fondés » d’un certain nombre de variables macroéconomiques avec un intérêt plus particulier pour le comportement des firmes exportatrices. Je me suis penchée spécifiquement sur les réactions des firmes aux mouvements de change et sur leurs choix de localisation : ces décisions individuelles sont cruciales pour expliquer les différences internationales de compétitivité et les déterminants des déséquilibres de balance courante. On peut constater l’importance croissante de ces questions dans le débat public, en France et dans le monde.
Ces allers-retours entre la vie académique et les débats en cours me passionnent. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai particulièrement apprécié lors de ma visite au département de la recherche du FMI au cours de l’année 2009-2010. A partir des résultats de certains de mes travaux académiques, notamment ceux effectués en collaboration avec Jean Imbs à PSE, j’ai eu l’occasion d’étudier des questions plus concrètes liées par exemple à la problématique des déséquilibres globaux.
Dernièrement, vous vous êtes intéressée à un sujet fortement débattu : les stratégies import/export des pays en lien avec la création induite (ou destruction) de richesses ?
Jusqu’à très récemment, les modèles de commerce expliquaient l’échange international de deux façons : soit par des différences technologiques entre pays - ceux dotés d’une main d’œuvre conséquente exportant des biens à haut contenu en travail pour importer des biens « riches » en capital, soit par le goût des consommateurs pour la diversité, ce qui explique pourquoi un pays peut exporter des voitures tout en important des modèles équivalents.
Mais de nombreux articles ont détaillé le rôle de la qualité pour expliquer la nature et l’évolution des échanges internationaux. Dans cette mouvance, j’ai collaboré avec Julien Martin (Doctorant à PSE) à la rédaction d’un papier sur les exportations françaises. Nous montrons comment leur qualité moyenne a augmenté depuis le milieu des années 90, sous l’effet notamment de la concurrence des pays à bas salaires. Ces différents travaux permettent une appréhension nouvelle de la place de la Chine dans le commerce mondial, et de son impact sur les performances à l’exportation des pays développés. Ainsi, l’avantage comparatif procuré par le faible coût du travail dans les pays émergents est réel pour les produits de grande consommation, mais la fabrication de produits à forte valeur ajoutée (ou de haute qualité) reste l’apanage des pays riches.
Prix FEEM 2011 décerné par l’European Economic Association
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La concurrence pour ce prix européen et la pression liée à cette cérémonie sont-elles importantes ?
Ce prix, remis conjointement par l’European Economic Association (EEA) et la Fondazione Eni Enrico Mattei (FEEM) départage chaque année des centaines d’économistes européens de moins de 30 ans. En août, le congrès a eu lieu à Oslo et j’ai eu le plaisir d’être lauréat et de recevoir le prix devant une salle comble : très impressionnant je vous le confirme ! En démarrant ma thèse à PSE fin 2009 (après deux années dans le programme de master APE), je ne pensais pas devoir présenter aussi rapidement mes premiers résultats, c’est une vraie bonne surprise.
Parlez-nous de cet article primé et de vos recherches en général ?
Je travaille sur la répartition internationale des richesses. Comment mieux mesurer « qui possède quoi » et quelles forces déterminent la répartition plus ou moins inégale des richesses à l’échelle mondiale ? Dans “The Missing Wealth of Nations : are Europe and the U.S. net Debtors or net Creditors ?” j’étudie via une méthode originale - et dans le fond très simple - le délicat problème des fortunes que les ménages détiennent dans les paradis fiscaux. Lorsqu’un français possède des actions américaines via son compte en Suisse, à Singapour ou au Luxembourg, personne n’enregistre d’actif sur les Etats-Unis, alors que les Etats-Unis enregistrent un passif. La Terre semble alors avoir une position globale nette négative, comme si nous étions possédés en partie par Mars...
J’ai utilisé de façon systématique toute une série d’anomalies de ce type pour montrer qu’en 2008 environ 8% du patrimoine financier mondial des ménages était détenu « offshore », dont 6% n’était enregistré nulle part comme actif. Je montre également que, selon toute vraisemblance, une grande partie des fortunes offshore appartiennent à des européens : ces avoirs « invisibles » en comptabilité classique font passer la zone euro en positif vis-à-vis du reste du monde. A l’heure de la crise de la dette en Europe, cette information est vitale car elle nous montre que les pays européens sont dans une large mesure leurs propres créanciers (et non la Chine ou les pays du Golfe). Il ne s’agit pas de nier les problèmes de finances publiques, mais de réaliser que l’Europe possède, si elle en a la volonté politique, tous les moyens pour résorber la crise qui la frappe…
Cette récompense est aussi celle d’un travail académique au cœur de l’actualité ?
C’est vrai : les paradis fiscaux sont omniprésents dans les médias et le discours politique. Mais scientifiquement, en fait, on ne sait pas grand-chose. Ce constat est à la base de mon engagement : les pratiques et scandales qui ont entraîné la crise de 2008 ont laissé place à un discours régulateur. La « fin du secret bancaire » était alors annoncée, mais personne ne connaissait le chiffre des montants détenus offshore ! Nous en avons désormais une idée plus précise, et je cherche aujourd’hui à savoir, avec Niels Johannesen de l’Université de Copenhague, si les décisions prises en 2008/2009 ont effectivement eu des effets.
Je profite de cet entretien pour faire la promotion d’une revue dont je m’occupe avec une vingtaine d’autres jeunes chercheurs : Regards croisés sur l’économie. Deux fois par an, nous demandons à des spécialistes des politiques publiques de « banaliser » leurs travaux à destination du plus grand nombre. Début 2012, un numéro exceptionnel sera diffusé pour la présidentielle : les lauréats du prix du meilleur jeune économiste Le Monde / Cercle des économistes (Esther Duflo, Pierre-Cyrille Hautcoeur, Philippe Martin, Thomas Piketty…) présenteront leurs recherches en formulant des préconisations concrètes à l’intention du prochain gouvernement. Ne le ratez pas !
vendredi 18 mai 2012
Larry Blume, Cornell University : Network Formation in the Presence of Contagious Risk
Room S17, MSE 106-112 Bd de l’Hôpital 75013 Paris
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 8 (12h30-13h30)
Christian LEHMAN (PSE, Paris) : Local Economy Effects of Cash Transfers
lundi 21 mai 2012
MSE (S18), 106 Bd de l'hopital, Paris 13
Jose Luis Moraga-Gonzalez (Groningen University) : Search Costs, Demand-Side Economies and the Incentives to merge under Bertrand Competition
TEMA-IO
Chiara Tomasi (University of Trento) : Export activities under financial constraints: margins, quantities and prices
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 10 (17h00-18h30)
Bernard LEBRUN (University of York, Canada) : Revenue-superior variants of the second-price auction
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 8 (17h30-19h00)
Jane HUMPHRIES (Oxford University) : Childhood and child labour in the British industrial revolution
mardi 22 mai 2012
Campus Jourdan, bâtiment principal, rez-de-chaussée, salle 8 (12h30-13h30)
Marie-Anne VALFORT (PSE, Paris) : One Muslim is Enough! Evidence from a Field Experiment in France
Co-author(s): Claire Adida & David Laitin
Sciences-Po - 56 rue des saints Pères – 7ème (Salle Goguel) (14h30-16h00)
Gianmarco OTTAVIANO (LSE) : Agglomeration, Trade and Selection
jeudi 7 juin 2012
Du 7 au 8 juin
7-8 juin, Communication and Beliefs Manipulation :
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