Paris School of Economics - École d'Économie de Paris

La science économique au service de la société

Stéphane Zuber obtient la médaille de bronze du CNRS en 2018

Stéphane Zuber, professeur associé à PSE et chargé de recherche au CNRS, fait partie des chercheurs ayant remporté la médaille de bronze du CNRS cette année avec comme thème l’équité entre les générations.

Il porte une attention particulière au problème de l’allocation juste des ressources et des risques, en croisant théorie économique et perspectives plus normatives venant de la philosophie.

Ses travaux réalisés

Après des productions portant sur la possibilité d’une évaluation cohérente dans le temps des politiques économiques tout en prenant en compte l’équité entre individus (Zuber, 2011), il a principalement étudié la question du taux d’escompte social (qui permet de traduire en valeur actuelle des coûts futurs) notamment dans le cadre des politiques climatiques. Il a, par exemple, montré que la pratique de l’escompte, centrale pour analyse coût-avantage inter-temporelle pratiquée en économie, pouvait être justifiée par l’aversion pour l’inégalité dans le cadre de politiques soutenables (Zuber et Asheim, 2012). Cependant le risque de l’existence de personnes très pauvres au sein des générations futures fragilise cet argument. Lorsque ce risque est important, le taux d’escompte social doit être faible, ce qui justifie des actions plus fortes de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre (Fleurbaey et Zuber, 2015).

La possibilité de risques catastrophiques mettant en péril l’existence ou les possibilités de développement des générations futures sont également cruciales pour l’élaboration des politiques climatiques. Une aversion pour les risques catastrophiques augmente la valeur de la réduction de ces risques, ce qui à son tour tend à justifier des politiques climatiques plus ambitieuses (Bommier, Lanz et Zuber, 2015).

La question du partage des risques collectifs pose problème en particulier quand l’incertitude est très forte, comme c’est le cas pour le changement climatique. Comment agréger des attitudes différentes face à l’incertitude et notamment des croyances différentes quant à la survenue d’évènements futurs ? Quelle priorité accorde aux individus les plus fragiles dans ce cas ? Marc Fleurbaey et Stéphane Zuber ont montré que, sous certaines hypothèses, il faut se concentrer sur le sort des moins bien lotis en considérant les probabilités les moins favorables, justifiant ainsi une forme de principe de double précaution (Fleurbaey et Zuber, 2017).

Ses travaux en cours

Plusieurs travaux en cours visent à mieux intégrer les problématiques démographiques dans le débat autour des politiques climatiques. Stéphane Zuber dirige ainsi un projet financé par l’ANR sur ces questions (projet Fair-Climpop). Ce projet vise à développer un modèle numérique de l’impact du climat sur la taille de population et à prendre un compte la question de l’équité en présence de risques sur la durée de vie.