Paris School of Economics - École d'Économie de Paris

La science économique au service de la société

n°9 - La lettre PSE - avril 2012

EDITO d’Antoine d’Autume
INVITEE - Barbara Petrongolo : recherches sur l’emploi
PARCOURS - Marie-Laure Michaud, une stratégie gagnante
INTERVIEW CROISEE, Philippe Jehiel et Nicolas Jacquemet - Les expériences en laboratoire
FOCUS - J-PAL Europe
PARTENAIRE - Boussard & Gavaudan Gestion



EDITO d’Antoine d’Autume

Maîtriser le thermostat mondial : les défis du réchauffement climatique
L’analyse de la formation des prix des ressources non-renouvelables comme le pétrole ou le charbon constitue le premier maillon de l’économie des ressources naturelles et de l’environnement. Comme dans le cas des autres biens, ce prix reflète en premier lieu les coûts de production, mais il inclut également des rentes et des taxes.
Les premières tiennent à la rareté de la ressource et au caractère oligopolistique de son exploitation. La rareté du pétrole, par exemple, a longtemps été perçue comme une rareté absolue, ce qui amenait les spécialistes à évaluer et réévaluer les montants de réserves prouvées et les économistes à intégrer dans le prix une rente de Hotelling, croissant au rythme du taux d’intérêt. Mais il n’y a pas, en réalité, de rareté absolue. Comme l’a dit il y a longtemps le cheikh Yamani, ministre Saoudien du pétrole « l’âge de pierre ne s’est pas terminé par la disparition des pierres de la surface de la terre  ». L’âge du pétrole ne se terminera pas non plus quand la dernière goutte aura été extraite, mais quand son coût d’extraction sera jugé trop élevé, notamment par rapport au prix d’énergies renouvelables devenues enfin rentables. Les taxes représentent une proportion importante du prix des énergies car cette fiscalité cumule des vertus économiques, en rendant moins énergivore la production et la consommation nationale, et budgétaires, en alimentant efficacement les caisses de l’État. Par le biais de ces taxes, ou de permis d’émission, le prix du carbone émis dans l’atmosphère est appelé à devenir partie intégrante du prix de l’énergie, et donc des calculs économiques de ses utilisateurs.
La recherche du mix optimal des différentes sources d’énergie, lorsque l’on tient compte de leurs effets environnementaux, est une question complexe. La part du charbon est actuellement fortement croissante au niveau mondial, car cette ressource est abondante et ses coûts d’extraction croissent donc nettement plus lentement que ceux du pétrole, mais le charbon est nettement plus polluant. L’énergie nucléaire présente l’avantage de ne pas contribuer au réchauffement climatique, mais ses risques sont d’un autre ordre et doivent faire l’objet d’une évaluation économique nettement plus approfondie, comme doit l’être aussi d’ailleurs le réchauffement climatique.
La dimension internationale joue aussi un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique, ne serait-ce que pour inciter l’ensemble des pays à y participer. Les vertus d’un prix unique du carbone au niveau mondial sont a priori évidentes, car elles fournissent à tous des incitations cohérentes. Mais on peut aussi s’interroger sur le réalisme de cette proposition tant les structures fiscales et les niveaux de vie sont différents. Faut-il ajouter un même prix du carbone à des taxes existantes très faibles aux Etats-Unis et très importantes en Europe ? Faut-il faire payer le même prix aux paysans chinois et aux consommateurs français ? Une étude précise tend à donner une réponse positive à ces questions, si tant est que les impôts préexistants aient une raison d’être claire, en contribuant par exemple au financement de biens publics, et si des transferts internationaux peuvent être mis en oeuvre au bénéfice des pays les moins favorisés.
_ Sources. Les effets d’un prix du pétrole élevé et volatil, P. Artus, A. d’Autume, P. Chalmin et J.-M. Chevalier, Rapport pour le Conseil d’Analyse Economique n°93, La Documentation Française 2010.
The complete user cost of natural resources and the optimal exploitation of two non-renewable polluting resources, A. d’Autume, 2012.
La taxe carbone doit-elle être la même dans tous les pays ? A. d’Autume, K. Schubert et C. Withagen, Annales d’Économie et de Statistique, Numéro spécial Économie, environnement et destin des générations futures. Hors-Série 1, 2012. _ Voir aussi dans le même numéro : Trois questions épineuses à l’arrière-plan des politiques climatiques, R. Guesnerie, F. Henriet et J-P Nicolaï ;
Le citoyen, l’expert et le politique : une rationalité complexe pour une régulation excessive du risque, Y Hiriart et D. Martimort.

Illustration : www.raphaelleda.fr


INVITEE - Barbara Petrongolo : recherches sur l’emploi


Pourriez-vous nous dire sur quoi portent vos recherches actuelles et dans quelle mesure votre collaboration avec PSE est bénéfique ?
Mes recherches actuelles concernent les interdépendances entre les acteurs économiques sur le marché du travail. L’analyse de ces interactions peut permettre une meilleure compréhension de phénomènes tels que le chômage ou les comportements d’offre de travail des ménages.
Un de mes projets en cours, en collaboration avec D. Goux et E. Maurin, porte sur les décisions d’offre de travail au sein des ménages. Nous analysons comment l’emploi du temps d’une personne influence celui de son conjoint. La prise en compte de telles interactions permettrait aux décideurs politiques d’envisager les conséquences des politiques (telles que le partage du travail ou les reformes du système d’imposition ou de la protection sociale) dans toutes leurs ampleurs, bien au-delà de la population visée et ainsi d’éviter que les effets de ces mesures soient sous-estimés. Pour ce projet, mon séjour à PSE a été essentiel puisque mon co-auteur y est professeur et une interaction régulière rend la collaboration plus efficace et agréable.
Un second projet, en collaboration avec Alan Manning (LSE) porte sur les stratégies des chômeurs en relation avec ceux des bassins d’emploi voisins. J’ai eu de très bons retours sur mes recherches lorsque je les ai présentées à PSE. Ma présence ici a été très enrichissante.
L’ensemble de votre travail se concentre sur le marché du travail. Comment votre vision du sujet a-t-elle évoluée avec le temps ?
J’ai travaillé sur divers aspects du marché du travail : le chômage et la recherche d’emploi, les inégalités hommes/femmes, les politiques publiques et les comportements des ménages. Au début, j’étais surtout intéressée par les phénomènes de chômage et de flux sur le marché du travail. Ensuite j’ai adopté une approche beaucoup plus micro-économique et toute ma recherche actuelle s’est fondée sur des données individuelles ou bien sur des zones géographiques très précises.
A mon avis, qu’importe si l’on étudie des phénomènes globaux ou bien des comportements individuels, le plus important est d’avoir à sa disposition des données détaillées afin de faire des progrès et d’être en mesure de répondre à des questions telles que : pourquoi certains pays sont plus riches que d’autres ? ou bien pourquoi certains individus ont des revenus plus élevés que d’autres ?
Le 8 mars était la journée internationale de la femme...Comment analysez-vous les différences hommes-femmes sur les marchés du travail européens ?
L’implication massive des femmes dans l’économie fait partie des évolutions majeures du monde du travail durant le siècle dernier. De fortes inégalités subsistent cependant et elles diffèrent énormément d’un pays à un autre. L’écart de salaire moyen entre hommes et femmes est de 30 % dans les pays anglo-saxons, et de 10 % dans les pays du sud de l’Europe.
Mais les apparences sont ici trompeuses puisque lorsqu’on analyse la situation en termes d’emploi, on remarque qu’il y aurait une plus forte sélection dans les pays du sud de l’Europe qui pousserait les femmes les moins productives et moins éduquées hors du marché du travail. Et lorsqu’on corrige cette sélection, on remarque que les pays du sud de l’Europe font face à des niveaux d’inégalités salariales comparables à ceux des pays anglo-saxons.
La différence en termes d’emploi peut s’étudier en considérant les structures industrielles du pays, et en particulier la transformation d’une économie industrielle, qui favorise un travail plus « physique » à une économie de services qui requiert plus de capacités sociales ou intellectuelles. Le travail féminin étant comparativement plus productif dans le tertiaire, il est beaucoup plus demandé dans ce secteur.
Outre ces comparaisons internationales, j’ai travaillé sur la question de l’emploi à temps partiel en Grande Bretagne qui concerne environ 44 % des femmes. Quand on interroge ces dernières, la plupart sont plutôt contentes de leurs horaires de travail et de l’équilibre entre leur vie de famille et leur vie professionnelle. Cependant, la sanction en termes de salaire horaire est plutôt lourde puisqu’il s’agit de travail peu qualifié tel que du travail d’entretien ou d’assistanat. La façon la plus efficace pour réduire cette perte de salaire horaire serait de faciliter les transitions entre temps complet et temps partiel tout en gardant le même poste de travail.


PARCOURS - Marie-Laure Michaud, une stratégie gagnante


Pour Marie-Laure, l’année 2004 a marqué un tournant dans son parcours professionnel : là où nombre de ses camarades, doctorat d’économie en poche, tapent aux portes de prestigieuses universités européennes et américaines, elle décide de tenter sa chance dans le secteur privé.
Depuis 1996 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de son Magistère d’économie à son doctorat sur La protection de l’emploi en France en passant par son master programme ETE), Sciences po et ses charges d’enseignement, Marie-Laure se forgeait un profil de future universitaire.
Mais ses envies et intérêts, au fil de ce parcours, la portent petit à petit vers les établissements privés. En août 2004, elle rejoint le département des études économiques de BNP Paribas CIB, puis est embauchée en juin 2005 à la Direction des Risques de la Société Générale.
Sa formation lui permet d’appréhender rapidement ces postes où elle s’attaque tant à des données macroéconomiques nationales, qu’à des modélisations permettant d’optimiser et de gérer des processus transversaux. Courant 2007, elle décide de rejoindre le Boston Consulting Group, cabinet international de conseil en management et stratégie d’entreprise.
Elle y mène de nombreuses missions, extrêmement variées et en prise directe avec les préoccupations et objectifs des clients : définition de la stratégie d’investissement à 5 ans des filiales immobilières d’un fonds d’investissement, création d’une joint venture entre deux acteurs européens de la gestion d’actifs, développement d’un plan d’action pour endiguer la résistance aux traitements contre le paludisme pour une ONG ou encore stratégie de croissance internationale pour un acteur majeur du luxe. Sur des postes très évolutifs, Marie-Laure a la possibilité de travailler régulièrement à l’étranger : en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis, et plus récemment au Maroc.


INTERVIEW CROISEE, Philippe Jehiel et Nicolas Jacquemet - Les expériences en laboratoire


Sous le regard attentif d’économistes, des volontaires « jouent », interagissent, répondent à des questionnaires etc. Présentation des modalités, objectifs et difficultés d’une spécialité encore peu connue…
Comment en êtes-vous arrivés à intégrer dans vos recherches des expériences en laboratoire ?
Philippe Jehiel (PJ) Un de mes thèmes principaux de recherche est la rationalité limitée : face à un environnement complexe ou des échéances lointaines, les acteurs économiques ne semblent pas avoir des anticipations correctes. Cela suggère d’amender l’hypothèse de rationalité parfaite. Je suis un théoricien, et, pendant des années, je me suis attelé à développer des approches théoriques de la rationalité limitée en les appliquant à la coopération, la coordination, la spéculation, les négociations etc.
J’ai ainsi développé des modèles jouant sur différentes hypothèses de rationalité (limitation des horizons possibles, prédictions homogénéisées selon les contextes etc.) et j’ai testé leurs implications dans des modèles théoriques d’économie ; l’objectif implicite est d’expliquer des phénomènes traditionnellement considérés comme paradoxaux grâce à la rationalité limitée. Mais le besoin s’est imposé de compléter ces études par des expériences en laboratoire afin de mieux éclairer le champ potentiel d’application de ces modèles théoriques de rationalité limitée.
Nicolas Jacquemet (NJ ) Mon point de départ est plus empirique, et concerne les politiques publiques : comment les institutions* influencent-elles les comportements sociaux ? Selon quels critères les décideurs politiques arbitrent-ils leurs choix ? Les expériences en laboratoire permettent d’analyser cela de façon « contrôlée », i.e en se focalisant de façon isolée sur les différents éléments les uns après les autres. Même si nos points de départ sont différents, nos deux approches de l’expérimentation se rejoignent sur une question fondamentale : les données expérimentales peuvent être traitées selon une approche structurelle des politiques publiques, destinées à fonder des théories généralisables - sous certaines conditions - au-delà des seuls cas observés.
PJ Tu as raison d’insister sur la notion de généralisation des théories : différents courants de la littérature opposent leur vision à ce sujet. Je suis pour ma part, côté théorie, séduit par les méthodologies appliquant une approche fixe de rationalité limitée à toutes sortes de contextes, plutôt que de changer d’approches pour chaque contexte. Je suis, par ailleurs, dans une perspective positive plutôt que normative. Un argument scientifique majeur contre l’adaptation du modèle de rationalité limitée à chaque contexte est qu’une telle flexibilité laisse trop souvent au chercheur un choix trop grand d’hypothèses, qui ne sont pas assujetties à une discipline suffisante et qui induisent de façon invisible des biais.
Pourriez-vous nous en dire plus sur ces biais ?
NJ Les biais sont de deux types : ceux qui existent dans le protocole même : ces biais sont liés à la qualité de la conception des expériences, et doivent inciter les chercheurs à des réflexions méthodologiques beaucoup plus approfondies qu’elles ne le sont actuellement. La seconde catégorie fait référence aux comportements observés dans le laboratoire : on parle de biais lorsque les comportements s’écartent sensiblement des prédictions du modèle de comportement rationnel. Comprendre leur raison d’être et les conditions de leur apparition est selon moi un enjeu majeur des futurs travaux sur ces sujets. Depuis deux décennies, ils ont été identifiés et répertoriés : le consensus sur leur existence est clair. Mais il faut désormais interroger les caractéristiques de l’environnement créant ces déviations…
PJ Je partage ce point de vue. Il nous faut comprendre quelle est l’origine de ces biais car cela peut éclairer la façon de prédire comment les acteurs se comporteraient dans d’autres applications (question positive) ou comment corriger ces biais (question normative). Par exemple, après avoir établi expérimentalement l’existence d’incohérence temporelle (ce que l’on fait à t+1 n’est pas ce que l’on avait prévu de faire à t) il importe de savoir si cette incohérence temporelle est due à une erreur d’anticipation (rationalité limitée) ou simplement à un changement de critère d’évaluation entre t et t+1 (changement de préférence). Dans le premier cas, une aide à la formation des anticipations peut corriger le biais, dans le deuxième une « sanction » semble plus appropriée.
NJ Tout à fait ! C’est pourquoi les récentes expériences en « psychologie sociale de l’engagement » me passionnent : des chercheurs ont montré qu’une décision peut être largement influencée par les conditions préliminaires ; une personne demandant un euro aux passants pour prendre le bus obtient 40 % de succès, mais ce taux atteint 70 % lorsqu’auparavant elle demande l’heure ! J’étudie actuellement la façon de modéliser et catégoriser ces actes préparatoires qui modifient considérablement les comportements.
PJ C’est tout à fait excitant : pourquoi demander l’heure change la réponse ? Cela induit-il un changement de critère d’évaluation - par exemple est-il difficile lors d’une interaction de dire oui puis non (automatisme, pression sociale…), ou encore cela change-t-il les associations/représentations modifiant ainsi la perception de ce qu’est réellement la question ? Je serais partisan de protocoles expérimentaux permettant de séparer ces différents types d’explication.
Mais alors, quelle est votre position dans le débat opposant la défaillance des individus à celle des structures et institutions déterminant leurs comportements ?
NJ Trancher entre différentes explications sous-jacentes aux comportements observés est le défi le plus complexe (et le plus intéressant !) de la recherche empirique. La théorie peut ici s’avérer très utile : la psychologie sociale analyse par exemple les actes préparatoires comme le renforcement du lien entre les sujets et leurs actes. On peut également analyser non des actes, mais des textes préparatoires : face à un « jeu » (i.e une situation d’expérimentation), l’individu mobilise-t-il des valeurs différentes selon l’énoncé ?
PJ Une autre dimension pertinente est la proximité ou non du protocole expérimental avec une situation réelle. Pour des recherches qui visent à élucider des modes de raisonnement (comme les miennes), il me semble préférable de choisir des protocoles qui n’évoquent pas grand-chose du quotidien, afin de mieux « éviter » des associations dont on ne saurait maîtriser toutes les facettes - faute de connaître l’expérience personnelle des sujets testés en laboratoire.
NJ Je te rejoins. Si l’on souhaite tirer des conséquences généralisables à d’autres situations des comportements observés dans les expériences, il faut éliminer l’effet des éléments de contexte. Mais, s’agissant de l’évaluation des politiques publiques, une seconde préoccupation s’ajoute à celle-ci : prendre en compte des éléments de contexte permet d’améliorer la validité externe de l’expérience, c’est à dire sa capacité à refléter les comportements qui seraient effectivement adoptés dans la vie réelle, à l’extérieur du laboratoire. L’arbitrage entre ces deux dimensions – abstraction pour la qualité de l’interprétation, « réalisme » pour la qualité des prédictions – est un véritable numéro d’équilibriste, au sujet duquel les discussions méthodologiques en sont, là encore, à leurs balbutiements.


FOCUS - J-PAL Europe

J-PAL, laboratoire d’action contre la pauvreté, a été créé en 2003 au MIT par Esther Duflo, Abhijit Banerjee et Sendhil Mullainathan, avec comme objectif de promouvoir l’utilisation des évaluations aléatoires (ou « randomisées ») pour mesurer l’impact des programmes de lutte contre la pauvreté. Cette méthode, similaire à celle utilisée pour les essais cliniques en médecine, consiste à comparer un groupe d’individus bénéficiant du programme à un autre n’en bénéficiant pas, les deux groupes étant définis aléatoirement pour s’assurer qu’ils sont statistiquement identiques. Cette initiative a permis la constitution d’un réseau international de chercheurs issus de diverses institutions du monde entier (64 chercheurs à l’heure actuelle). Cela a également conduit à l’ouverture de plusieurs bureaux régionaux : en Asie du Sud (Inde), en Europe (France), en Amérique latine (Chili) et enfin en Afrique (Afrique du Sud).
Le bureau Europe de J-PAL a été créé fin 2007 au sein de PSE. Son objectif premier est d’apporter un appui aux chercheurs européens (19, en provenance de 6 pays : Belgique, Danemark, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède), qui mènent des évaluations aléatoires aussi bien à l’intérieur de l’Europe que dans des pays en développement, en particulier en Afrique. Quatre chercheurs de PSE sont membres du réseau J-PAL : Marc Gurgand (également directeur scientifique pour l’Europe), Luc Behaghel, Karen Macours et Eric Maurin, qui conduisent une dizaine d’évaluations aléatoires autour de deux thématiques principales : l’éducation et l’emploi.
J-PAL Europe a aussi comme vocation de diffuser les résultats obtenus auprès des décideurs et de les aider à concevoir des politiques publiques s’en inspirant. J-PAL propose également des formations pour différents publics : ainsi sera organisée du 2 au 4 juillet prochain, à la Maison des Sciences économiques, une formation spécialement conçue pour les chercheurs intéressés par les évaluations aléatoires.


PARTENAIRE - Boussard & Gavaudan Gestion

Créé en 2002, Boussard & Gavaudan Gestion est un « hedge fund » spécialisé sur les stratégies liées au financement des entreprises (arbitrage de volatilité, OPA, restructuration) qui investit également dans le développement de certaines entreprises (« private equity ») et participe à leur gouvernance. Boussard & Gavaudan est donc au coeur du système de financement des entreprises : si les éléments propres à chaque société (bilan, résultats, stratégie, management...) sont primordiaux, la période actuelle marquée par de forts déséquilibres macroéconomiques incite clairement à lier investissement et compréhension des dynamiques économiques qui infléchissent l’activité et la valeur des entreprises.
Le partenariat avec PSE, née de la proximité d’Emmanuel Boussard – Président-fondateur du hedge-fund – avec Daniel Cohen, a débuté en 2008 sous la forme de contributions annuelles aux ressources de la fondation puis du G-Mond. Il raconte : « L’appel de PSE à des partenaires privés a coïncidé avec une réflexion en interne - chez B&G – de se lancer dans le mécénat. Je n’ai eu aucun mal à convaincre mes associés que nous devions nous tourner vers PSE. ».
Au fil du temps, la relation entre les deux partenaires s’est développée et « ce qui n’était initialement qu’une opération purement caritative s’est révélée être un très bon investissement » pour le hedge fund. Les deux institutions ont donc décidé d’enraciner dans la durée cette circulation des idées entre les chercheurs et l’entreprise. C’est ainsi que début 2012 le partenariat a évolué vers un abondement annuel du fonds de dotation de PSE. Boussard & Gavaudan rejoint ainsi l’AFPSE, AXA et Exane au sein du Collège des partenaires privés de la fondation.
Le Président de B&G de conclure : « nous avons d’ores et déjà développé des liens étroits avec quelques chercheurs de PSE. Ils donnent un éclairage plus serein que celui des économistes de marché sur la crise actuelle […]. Le mécène que nous sommes trouve là une boîte à idées – voire du poil à gratter – et nous espérons y gagner dans l’intelligibilité d’un environnement économiques toujours plus complexe »