Paris School of Economics - École d'Économie de Paris

La science économique au service de la société

n°21 - La lettre PSE - avril 2015

TRIBUNE d’Hillel Rapoport : La diversité est-elle bonne pour la croissance ?
INVITE - Matteo Galizzi : la santé avant tout
PARCOURS - Guilhem Cassan : du passé au présent
TRIBUNE - Sandra Poncet : L’augmentation du salaire minimum en Chine : une excellente réforme pour salariés et employeurs
FOCUS - Les bourses de recherche INET
PARTENAIRES - L’IPP et Finance Watch


TRIBUNE Hillel Rapoport, La diversité est-elle bonne pour la croissance ?

Membre associé à PSE, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

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La diversité est-elle bonne pour la croissance ? On peut poser la question à plusieurs niveaux : la diversité de quoi, et la performance de qui ? La littérature s’est intéressée à différents types de diversité (ethnique, linguistique, génétique, de genre, de lieux de naissance, d’opinions) et à plusieurs lieux d’expression de celle-ci : l’entreprise (voire l’atelier de production), l’école, la ville, la région, la nation. Selon la dimension retenue, la balance entre coûts (1) et bénéfices (2) peut pencher d’un côté ou de l’autre. Que nous dit la littérature empirique ?
Dans les grandes lignes, la diversité ethnique présente le bilan le plus négatif. Par exemple, Hjort (2014) compare la productivité des ateliers de production d’une firme horticole au Kenya et montre que les plus homogènes ethniquement jouissent d’une prime de performance significative. De même, les études sur données agrégées mettent en évidence un effet négatif de la fragmentation ethnique sur la performance économique nationale, particulièrement en Afrique - mais pas uniquement.
Pourquoi en irait-il autrement de la diversité des lieux de naissance (ou « birthplace diversity ») ? Statistiquement, l’essentiel de la diversité ethno-linguistique (3) doit très peu à l’immigration. Conceptuellement, on s’attend à ce que d’éventuelles complémentarités productives se manifestent d’autant plus que les individus concernés sont issus de contextes culturels et de systèmes scolaires différents, a fortiori si l’on a affaire à des individus éduqués (porteurs de « qualifications » potentiellement complémentaires de celles des natifs). Si les bénéfices de la diversité devaient l’emporter sur les coûts, cela devrait donc se produire dans les économies les plus avancées et pour la frange la plus qualifiée de la force de travail. On ne compte plus les études sur données d’entreprises qui vérifient ces propositions. Est-ce également le cas à un niveau agrégé ? C’est l’objet de notre recherche (Alesina et al., 2013), résumée ici en trois étapes.
La première consiste à créer, à partir des données d’immigration, un indicateur de diversité de la population qui indique la probabilité pour un pays donné que deux individus résidents tirés au hasard soient nés dans des pays différents. Cet indicateur fait ensuite l’objet d’une décomposition statistique entre une marge extensive, la part de la population née à l’étranger, et une marge intensive capturant la diversité de la population immigrée.
La seconde étape consiste à insérer ces indicateurs de taille et de diversité de l’immigration dans des modèles explicatifs des niveaux de prospérité économique, tout en contrôlant pour de nombreuses autres variables : la diversité ethnique, linguistique et génétique, le niveau de sélectivité de l’immigration, l’ouverture et la diversité commerciale, les caractéristiques géographiques et institutionnelles, etc. Il en ressort un effet positif, robuste, statistiquement et économiquement significatif, de la diversité de l’immigration qualifiée sur les niveaux de revenu, de productivité et d’innovation des pays riches.
Enfin, la troisième étape porte sur le fait de savoir si nos résultats peuvent recevoir une interprétation « causale ». En effet, on peut imaginer une causalité inverse, ou encore que prospérité économique et diversité de l’immigration n’aient pas de liens directs mais soient conjointement déterminées par une variable « omise » (par exemple, la capacité multidimensionnelle que peut avoir un pays à tirer parti de la mondialisation).
La solution retenue est d’avoir recours à un modèle de gravité permettant de prédire les flux de migration bilatéraux à partir de variables exogènes (4). Sur cette base, on peut construire pour chaque pays un indicateur de diversité prédite et substituer celui-ci à la diversité observée dans notre modèle empirique. Les résultats obtenus confortent l’idée que la diversité de l’immigration qualifiée a bien un effet positif sur les niveaux de revenus et de productivité des économies avancées.
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(1) Difficultés à communiquer ou à collaborer, du fait par exemple d’un manque de confiance entre membres de groupes culturellement distants
(2) Complémentarités des aptitudes, des savoirs et qualifications
(3) Par exemple noirs/blancs aux Etats-Unis, flamands/wallons en Belgique, ou les mosaïques ethniques des pays africains
(4) Principalement des variables géographiques bilatérales telles que la distance, l’existence d’une frontière commune, etc.
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Références : Alesina, A., J. Harnoss and H. Rapoport (2013).“Birthplace diversity and economic prosperity”. IZA Working Paper No. 7568, August.
Hjort, J. (2014), « Ethnic Divisions and Production in Firms. » Quarterly Journal of Economics, 129, 4 : 1899-1946.


INVITE Matteo Galizzi : la santé avant tout

Assistant Professor, London School of Economics

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Pourquoi vous rencontre-t-on à l’Hôtel-Dieu ?
Matteo Galizzi : Depuis février et jusqu’en juillet, je suis invité par la chaire hospinnomics et J-PAL Europe dont les bureaux sont ici. Je suis ravi de ce séjour, PSE-hospinnomics-J-PAL étant l’un des rares endroits en Europe où sont « rassemblées » mes thématiques de recherche : les expériences randomisées (ou contrôlées) et l’économie comportementale appliquées aux politiques sociales et de santé. L’idée est notamment d’initier une collaboration durable sur ces sujets entre Londres, Paris puis d’autres centres.
Comment avez-vous choisi cette spécialité ?
M. G. : Après ma thèse à York, j’ai rejoint la LSE où le Behavioural Research Lab était en cours de création. J’ai alors travaillé en étroite collaboration avec Paul Dolan afin de l’inaugurer, puis de l’intégrer à un ensemble plus grand (1) regroupant des économistes, des psychologues, des philosophes… Je réalisais cependant rapidement que les recherches, relativement étoffées sur le rôle des incitations financières, délaissaient leurs effets sur les comportements non directement liés au protocole mis en place. Une expérience menée alors illustre très bien cela : sans surprise, les individus payés pour fournir le meilleur effort physique possible durant 2 minutes s’investissaient davantage que ceux qui n’étaient pas payés. Mais ils « compensaient » fortement lors du buffet qui suivait - avec en moyenne près de 200 calories absorbées en plus, un vrai désastre au regard des objectifs initiaux !
La frontière semble floue entre le succès et l’échec : comment émettre des recommandations en termes de politiques publiques ?
M. G. : Mon intuition est que les chercheurs doivent proposer aux décideurs publics une « boîte à outils » flexible composée de politiques diverses et variées ; outils issus de recherches et d’expériences concrètes et rigoureuses. Les gouvernements et institutions publiques, en Europe notamment, s’intéressent de plus en plus à ce type d’interventions et leurs liens avec les sciences comportementales. Nous sommes vraisemblablement au début d’une mini-révolution dans la façon dont les chercheurs et les décideurs se parlent et travaillent ensemble afin de concevoir et évaluer des interventions publiques. A mon sens, le potentiel est extraordinaire : explorer les apports des nudges (2), combiner les approches traditionnelles (incitations, régulations…) et celles plus innovantes (notamment comportementales), ou encore assurer une continuité entre les recherches en laboratoire et celles sur le terrain sont autant de pistes à évoquer puis à mettre en œuvre. En ce moment, je m’intéresse particulièrement à cette question : comment s’assurer que nos connaissances sur les comportements, essentiellement issues de nos observations en laboratoires, peuvent être extrapolées au « monde réel » ? Je réalise des études spécifiquement sur ces possibles continuités, et je m’attache également à intégrer des données plus complètes. Mon projet ESRC, par exemple, me permet de mener une étude randomisée au sein d’un échantillon représentatif de la société anglaise, dont nous analysons un certain nombre de comportements, et pour lequel - c’est une première - nous croisons les résultats avec des dizaines de données individuelles : sondages, données administratives, bio-marqueurs… issues d’un large panel multidimensionnel intitulé Understanding Society.
Je cherche actuellement à établir le même type de croisement de données à partir d’autres panels en France et en Grande-Bretagne.
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(1) Centre for the Study of Incentives in Health - http://www.kcl.ac.uk/lsm/index.aspx
(2) “Nudges” ou “coup de pouce” visant à influencer subtilement les comportements des individus.
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Matteo M. Galizzi est Assistant Professor à la LSE, au Behavioural Research Lab et au Centre for the Study of Incentives in Health. Après des études à l’Université de Pavie, il a obtenu son doctorat en économie à l’Université de York. Il a travaillé dans de nombreuses universités, notamment européennes, et conseille régulièrement des entités publiques et privées.


PARCOURS Guilhem Cassan : du passé au présent

Associate Professor, University of Namur

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La formation pluridisciplinaire que Guilhem Cassan a reçu à l’ENS Cachan entre 2002 et 2005, en économie, histoire et sociologie, lui a permis très tôt d’appréhender les sciences sociales en adoptant une vision critique. Cette approche a continué de nourrir sa réflexion globale tout au long du Master APE-Analyse et Politique Economique d’abord (en 2006), puis de son Doctorat effectué de 2007 à 2011 au sein de PSE. Là, il a bénéficié d’un accompagnement soutenu de sa directrice de thèse, Sylvie Lambert. Après une dernière année d’échange universitaire (1) à l’université Bocconi en 2011, il finalise son doctorat et obtient le « prix 2012 de thèse d’économie AFSE ».
Mais revenons un peu en arrière. S’orientant d’abord vers l’économie du développement, il envisage de choisir les pays africains comme terrain de recherche pour sa thèse. Il modifie cependant son approche thématique et géographique, sous l’influence de plusieurs facteurs : discussion avec des chercheurs de son entourage - ainsi Marc Gurgand - et séjour d’une année à la London School of Economics dans le cadre d’un programme européen (2). Ce passage dans un environnement très international lui permet de rencontrer de nombreux chercheurs étrangers, et Guilhem commence à s’intéresser à l’Inde. De retour à Paris, ses discussions avec Denis Cogneau et Thomas Piketty le confortent dans ce choix. Convaincu qu’un bon chercheur doit avant tout se montrer imaginatif, se poser sans cesse de nouvelles questions et y répondre de façon innovante, il décide d’adopter un point de vue d’économiste pour étudier l’histoire de la période coloniale en Inde. Son travail se concentre alors sur les archives de la période coloniale jusqu’aux années 70. Il s’intéresse en particulier aux questions de construction sociale de l’identité dans l’Inde coloniale. Ce travail diffère de celui conduit « classiquement » par des économistes du développement, car il porte sur des rapports administratifs anciens qui ne sont pas, à la base, élaborés pour des études économétriques.
Aujourd’hui, il est enchanté de son rôle de maître de conférences à l’université de Namur. Il a la possibilité d’étendre ses recherches à la période contemporaine, en gardant toujours le souci de sortir des cadres classiques de la littérature économique. Il a récemment publié La caste dans l’Inde en développement dans les Opuscules du CEPREMAP. Il est entouré d’une équipe sympathique et très à la pointe en économie du développement. Parisien d’origine, il n’exclut pas cependant, un jour, de revenir sur la terre de ses ancêtres…
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(1) « Visiting fellowship » financée par le réseau Formation Initiale Marie Curie dans le cadre de l’AMID
(2) European Doctoral Program in Quantitative Economics


TRIBUNE Sandra Poncet : L’augmentation du salaire minimum en Chine : une excellente réforme pour salariés et employeurs

Membre associé à PSE, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
La hausse du salaire minimum peut-elle améliorer la condition des travailleurs sans nuire au processus de croissance lui-même, particulièrement dans les pays en développement ? Si l’objectif social du salaire minimum n’est guère contesté, les débats sur son efficacité ont toujours été vifs, les économistes s’interrogeant sur les conséquences non recherchées du salaire minimum. Quel est, en particulier, son impact sur les travailleurs au bas de l’échelle des rémunérations ?
Les effets pervers possibles
Théoriquement, sur un marché du travail concurrentiel, le salaire est égal à la productivité marginale du travail. Lorsque la productivité marginale du travail décroît avec le nombre de travailleurs employés dans une entreprise, un salaire minimum fixé au-dessus du salaire d’équilibre de marché diminue la demande de travail des entreprises. Au contraire, sur un marché du travail où l’employeur dispose d’un pouvoir de marché tel qu’il peut fixer le salaire en dessous de la productivité marginale du travail, un salaire minimum supérieur à ce niveau (mais n’excédant pas le produit marginal) peut conduire à une augmentation de l’emploi.
Concernant les pays en développement, la référence a longtemps été le modèle dit « dualiste formel-informel » : la fixation d’un salaire minimum touchant uniquement les activités formelles déplacerait l’emploi vers l’informel en exerçant une pression à la baisse sur les salaires. La littérature économique pointe par ailleurs le risque de perte de compétitivité et de blocage du processus de croissance si les augmentations de salaires imposées aux entreprises dépassent les gains de productivité. Seule une amélioration de la qualité de leurs produits ou de leur productivité pourrait permettre à ces pays de rétablir leur compétitivité et d’échapper à la « trappe à revenu intermédiaire ». Les très nombreux travaux empiriques, menés surtout sur les pays développés, n’ont pas mis fin à ces controverses théoriques et globalement suggèrent que les hausses de salaire minimum ont un effet très faible sur l’emploi.

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L’expérience chinoise pointe un effet favorable sur la productivité
Dans un récent article co-écrit avec Florian Mayneris et Tao Zhang (1), nous étudions la réforme chinoise du salaire minimum de 2004 qui consistait en une décision centralisée de hausse des salaires minimums régionaux. Nous avons pour cela analysé une base de données regroupant plus de 160 000 entreprises manufacturières basées en Chine, soit environ 70% du total de l’emploi industriel et 90% de la production (en 2003). Nous avons dans un premier temps observé les évolutions effectives des salaires suite à la réforme. Ces entreprises ont réagi massivement via l’ajustement ou l’augmentation des salaires : la croissance du salaire minimum a été en moyenne de +20% entre 2003 et 2005. Les entreprises ont clairement intégré les nouveaux minima, notamment celles qui ont été contraintes de s’ajuster car leur salaire se retrouvait en dessous du nouveau plancher. En moyenne, les salaires ont progressé de +92%, contre +13% dans les firmes pour lesquelles aucune hausse n’était exigée par la réforme.

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Dans un deuxième temps, nous nous sommes intéressés aux effets de ces hausses salaires. Les principales répercussions sont en termes de productivité : certaines entreprises ont fermé, remplacées par d’autres plus productives, tandis que celles qui ont maintenu leur activité ont amélioré leur productivité. Au total, entre l’année qui a précédé la réforme et celle qui l’a suivie, la hausse du salaire minimum expliquerait 20 % des progrès de productivité des entreprises. Cette hausse de la productivité se retrouve également au niveau agrégé des villes : la croissance de la productivité s’explique pour 60% par l’entrée nette de firmes plus efficaces, et pour le reste par la plus grande efficacité des entreprises survivantes. Quant à l’emploi, il n’a pas diminué.

Ainsi, au milieu des années 2000, dans un environnement de forte croissance, la hausse du salaire minimum en Chine a-t-elle pu accélérer les gains de productivité sans nuire à l’emploi… et apporter ainsi un stimulus supplémentaire à la croissance. Bien sûr, pour chaque pays, l’ampleur de cette hausse ou encore la structure initiale de l’économie déterminent largement le caractère négatif ou positif d’une telle intervention ; de récentes recherches (2) suggèrent notamment des répercussions négatives sur l’emploi lorsqu’un seuil « raisonnable » est dépassé. Mais ces résultats laissent penser que dans les pays en développement où les sources d’inefficacité productive (3) sont nombreuses, la hausse des coûts engendrés par la croissance du salaire minimum peut être facilement compensée par des gains d’efficacité, ouvrant la voie à un scénario gagnant-gagnant pour les salariés et les employeurs.
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(1) The cleansing effect of minimum wage : Minimum wage rules, firm dynamics and aggregate productivity in China
(2) Notamment : “A Micro-Simulation-Based Estimation of the Effects of Minimum Wage Changes in the Philippines” et “Introducing a Statutory Minimum Wage in Middle and Low Income Countries” par D. Margolis et al.
(3) Je pense ici essentiellement à l’inefficacité des entreprises (lorsqu’elles n’opèrent pas avec la technologie ou la productivité optimale) et à une allocation non pertinente des ressources entre entreprises (avec par exemple des capitaux alloués en priorité à un secteur étatique inefficace, au détriment des entreprises)
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FOCUS Les bourses de recherche INET

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L’INET, The Institute for New Economic Thinking, a été créé fin 2009 par George Soros avec une triple ambition : animer un réseau mondial de futurs dirigeants économiques, encourager l’émergence d’une nouvelle pensée économique et inviter les chercheurs en économie à s’intéresser davantage aux défis majeurs du XXIe siècle. Pour cela, l’INET a mis en place nombre d’initiatives : outils en ligne à destination des étudiants, propositions d’évolution des programmes d’enseignements, actions spécifiques vers les jeunes chercheurs ou encore un vaste programme de bourses de recherche. Ainsi, chaque année, l’INET délivre entre 20 et 30 bourses individuelles, d’une valeur comprise entre 25 000 et 250 000 dollars pour une durée de un à trois ans.
Après un processus de sélection très exigeant, trois programmes soumis par PSE ont retenu l’attention du comité de sélection. Les chercheurs responsables de ces projets soulignent tous le grand intérêt que présentent ses bourses, par leur flexibilité, les montants accordés et la visibilité donnée au projet grâce au réseau INET.
Dès la session inaugurale de 2010, Facundo Alvaredo a été lauréat d’une bourse INET pour son projet « The Long Run History of Economic Inequality ». Ce financement - renouvelé en 2012 - a participé de façon centrale à la construction de la World Top Income Database et à l’étude de l’histoire des inégalités économiques. En 2014, une nouvelle bourse lui a été accordée pour une extension du projet intitulé « Economic Inequalities : Income, Wealth, Consumption » permettant ainsi la prise en compte de nouveaux facteurs dans l’analyse des dynamiques des inégalités.
Depuis septembre 2011, la bourse obtenue par Roger Guesnerie a alimenté les activités du réseau INEXC -International Network on Expectational Coordination - qui vise à développer de nouvelles approches dans l’analyse des marchés financiers et la macroéconomie. Le réseau réunit des partenaires du monde entier (Amérique du Nord et du Sud, Asie, Europe, Moyen-Orient) et organise de très nombreuses conférences.
En 2012, Fabrizio Coricelli a été sélectionné par l’INET pour développer un projet de recherche « Economical and political determinants of policy responses to crisis » visant à étudier les éléments économiques et politiques identifiés comme déterminants dans la réponse politique apportée aux crises.


PARTENAIRE L’IPP et Finance Watch

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Depuis le milieu des années 90, l’accélération de la mondialisation a placé au centre de nombreux débats le secteur financier. Si les missions des banques et autres acteurs financiers ont peu évolué, le volume et la nature de leur activité semblent avoir considérablement changé. Mais qu’en est-il en réalité ?
Imaginée fin 2010 par un groupe d’eurodéputés et créée à Bruxelles en avril 2011 sous la forme d’une association internationale, Finance Watch milite « pour une finance au service de la société » : analyse des projets de lois, interpellation des décideurs, information du grand public ou encore publication d’études sont autant d’actions menées par ses membres, sous la supervision de Christophe Nijdam, secrétaire général. Ainsi, en octobre 2012, l’Institut des politiques publiques a été sélectionné par cette association afin d’étudier l’évolution du coût et de l’efficacité de l’intermédiation financière en Europe, sur longue période. Après deux années de travail, ce programme de recherche, mené par Guillaume Bazot alors post-doctorant à l’IPP et PSE (1), a abouti à la rédaction d’une note de synthèse « La finance est-elle devenue trop chère ? » (2) et d’un rapport « Mesures et déterminants de l’évolution du coût unitaire de la finance » (3). Disponibles en ligne, ces documents s’appuient sur un article académique (4) et une base de données associée, également en accès libre.
Trois conclusions principales ont pu être établies : à l’aube de la crise de 2007, l’industrie financière européenne pesait 3 fois plus dans l’économie qu’en 1951 - elle est passée respectivement de 2,3 à 8,2% du PIB. La quantité de services financiers produits et le coût unitaire associé, relativement stables jusqu’au milieu des années 1970, ont depuis fortement augmenté. Entre 1970 et 1990, l’auteur attribue essentiellement la hausse du coût unitaire à l’évolution des taux d’intérêt nominaux ; entre 1990 et 2007, il pointe le rôle joué par le développement des activités de marché des banques.
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(1) Guillaume Bazot est actuellement Maître de conférences à l’Université Paris 8
(2) Note IPP n°10, juin 2014
(3) Rapport IPP n°8, mars 2015
(4) Working paper PSE 2014-17 “Financial Consumption and the Cost of Finance : Measuring Financial Efficiency in Europe (1950-2007)
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Site Internet de l’IPP : www.ipp.eu
Site Internet de Finance Watch : www.finance-watch.org/fr