Paris School of Economics - École d'Économie de Paris

La science économique au service de la société

n°26 - La lettre PSE - juin 2016

TRIBUNE. Francis Bloch - Pour une réforme de la politique d’attribution des logements sociaux

INVITÉ. Li Yang : « Le manque de données détaillées empêche de répondre à de nombreuses questions primordiales sur la croissance économique chinoise »

PARCOURS. Maud Funaro, Madame aime... les défis

TRIBUNE. Lorenzo Cassi - Que nous apprend l’analyse des collaborations scientifiques dans l’industrie mondiale du vin ?

FOCUS. Apprendre puis entreprendre

RESEARCH GRANTS. Les bourses ANR gérées par PSE


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TRIBUNE. Francis Bloch - Pour une réforme de la politique d’attribution des logements sociaux

Membre associé à PSE, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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L’objectif de la politique du logement social en France est d’assurer une mixité sociale des quartiers. Cette vision du logement social comme un correctif d’une défaillance de marché (qui, sans cela, conduirait naturellement à la ségrégation résidentielle), héritée de l’après-guerre, explique son développement rapide et continu depuis une cinquantaine d’années. Toutefois, ce système semble aujourd’hui grippé : les délais d’attente dans les villes où le marché du logement est très tendu – en particulier à Paris – sont extrêmement longs, le taux de rotation très faible car les différences de loyer entre logement social et marché privé sont tels qu’il est impossible de sortir du parc social. L’accès au logement social apparaît comme un « privilège », réservé à une fraction de la population choisie selon des critères opaques – avec un fort soupçon de clientélisme. La qualité du parc social se dégrade, la localisation en banlieue loin des emplois ne répond plus aux demandes des occupants… Pour répondre à ces difficultés, une réforme de la politique d’attribution des logements sociaux est nécessaire, afin de fluidifier le marché, rendre plus transparents les critères d’attribution et améliorer l’appariement entre demandeurs de logement et les logements attribués. Les recherches récentes que j’ai menées en collaboration avec David Cantala apportent de nouvelles analyses du marché et proposent différentes pistes (1).

Pour les locataires déjà bénéficiaires d’un logement social, le taux de rotation est beaucoup trop faible, notamment à Paris et dans d’autres villes où le marché est très tendu. Cette absence de rotation s’explique essentiellement par la rigidité de l’ajustement des loyers. Même si une augmentation des loyers (les surloyers) est prévue quand le revenu d’un locataire augmente, elle reste trop faible pour inciter à déménager dans un logement privé. De même, la rotation à l’intérieur du parc social pour les locataires âgés qui cherchent un appartement plus petit est bloquée par les calculs de loyer qui s’effectuent à la date d’emménagement, avec un ajustement minimal au cours du temps. Deux solutions semblent s’offrir pour fluidifier le marché : d’une part permettre des échanges entre locataires dans le parc social (en ciblant certaines catégories de locataires et en organisant des chaînes d’échange), d’autre part, augmenter de façon significative le loyer quand les revenus augmentent, pour inciter les locataires plus « fortunés » à quitter le parc social.
Pour les locataires primo-demandeurs essentiellement, l’attribution des logements vides est réalisée lors de commissions d’attribution, organisées régulièrement par les bailleurs sociaux. Le mécanisme est complexe, car différents acteurs (l’Etat, les communes, les collecteurs du 1% logement) ont des droits de désignation sur les appartements libres. Les critères de choix des candidats sont différents selon les désignataires et trop souvent opaques. Pour rendre les critères plus transparents, opposables et qu’ils puissent servir de leviers de politiques publiques, il faut établir un système de calcul des points de priorité pour chaque demandeur. Ce système doit tenir compte des situations familiales, de handicap, des conditions de logement actuelles, de l’adéquation entre la localisation du logement et la demande géographique du candidat et de la position dans la file d’attente.
En effet, le système d’attribution des logements sociaux laisse aujourd’hui peu de place à l’expression des préférences des demandeurs à qui l’on propose un appartement sur la base de leur dossier. De ce fait, le taux de refus est élevé (40% à Paris). Pour diminuer ce taux et améliorer la qualité de l’adéquation entre logement et demandeur, il est indispensable de passer à des modèles dits « choice based » laissant aux candidats la possibilité d’exprimer leurs demandes sur des biens particuliers.

Au delà des enjeux de construction de logements sociaux et des difficultés d’inciter les communes à respecter les taux imposés, il semble donc qu’il existe une marge importante pour améliorer la politique de logement social, en réformant les méthodes d’attribution et d’échanges, comme les politiques de loyer. Ces réformes, issues d’expérimentation portées par des communes pionnières comme Rennes ou Paris, sont indispensables pour améliorer la gestion du parc social, pour le bénéfice tant des locataires actuels que celui des nombreux candidats qui n’ont pas encore eu accès à un logement de ce type.

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(1) Francis Bloch et David Cantala, « Dynamic assignment of objects to queuing agents », à paraître, American Economic Journal : Microeconomics.
Francis Bloch, David Cantala et Damian Gribaja « Matching through institutions », document de travail (2016)


INVITÉ - Li Yang : « Le manque de données détaillées empêche de répondre à de nombreuses questions primordiales sur la croissance économique chinoise »

Quelle est la raison de votre séjour à Paris ?
Il y a quelques mois, j’ai contacté Thomas Piketty en vue d’une potentielle collaboration, étant familier avec les données sur le revenu et la richesse en Chine. J’étais ravi de recevoir une réponse positive : il m’a invité à passer 6 mois à Paris pour travailler sur un projet de recherche commun. L’objectif est d’analyser l’accumulation du capital, les avoirs et capitaux détenus par des étrangers et les inégalités de revenus dans la chine contemporaine (1987-2013). Donc me voilà, travaillant à PSE sur ce sujet très intéressant.

Pouvez-vous nous détailler un peu plus ce projet ?
En raison de sa croissance économique rapide, la Chine attire de plus en plus l’attention des autres pays ; cependant, le manque de données détaillées empêche de répondre à de nombreuses questions primordiales sur la croissance chinoise. Notre travail est de documenter l’évolution des inégalités de revenus et l’accumulation de la richesse privée en Chine, à partir de la fin des années 1980 jusqu’à aujourd’hui.

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Pour les inégalités de revenus, notre étude repose principalement sur des enquêtes et sur les données fiscales. L’idée est d’estimer, en premier lieu, les inégalités de revenu pour certaines années et ensuite de vérifier comment les différentes composantes de ces inégalités contribuent à leurs évolutions. Nous ambitionnons également de savoir dans quelle mesure, au cours des 20 dernières années, les plus aisés ont accumulé plus ou moins de capital et de patrimoine. Nos recherches s’appuient ici sur les Comptes du Bilan National (CBN) chinois. Dans leur article de 2013, T. Piketty et G. Zucman ont fait un travail considérable sur de nombreux pays développés comme le Royaume-Uni, les États-Unis, la France et le Japon. Je suis actuellement leur méthodologie afin de produire ces mêmes données pour la Chine, en vue d’une comparaison internationale.
Plusieurs questions spécifiques se présentent : pourquoi les chinois épargnent-ils autant ? Est-ce qu’une épargne élevée est consubstantielle à une forte croissance ? Est-ce que la Chine sur-accumule ou sous-accumule du capital ? Comment peut-on comparer la trajectoire de la formation du capital au cours de l’histoire de la Chine à celles d’autres pays au même niveau de développement ? Est-ce que les actifs sont surévalués… ? Je suis impatient de publier les résultats !

Comment qualifieriez-vous l’environnement de recherche à PSE ?
PSE est une institution cosmopolite qui regroupe des chercheurs et étudiants de diverses nationalités. C’est aussi un « petit » campus, ce qui vous donne l’opportunité de connaître rapidement du monde, et la communauté scientifique vous encourage à partager votre travail et vos connaissances. Pour moi, PSE est un environnement de recherche optimal : j’y trouve une terre de très bonne qualité, et la quantité d’eau nécessaire ; il me suffit juste de planter des graines, de travailler avec soin et patience et vraisemblablement la récolte sera bonne…

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Li Yang a obtenu son doctorat en 2013 de l’Université de Xiamen (Chine). Sa thèse, intitulée « Recherches sur l’histoire des investissements directs à l’étranger en Chine » s’intéresse aux relations internationales et aux IDE dans la Chine moderne (1840-1949) et analyse leurs impacts persistants sur le développement économique. Après son doctorat, il a obtenu une bourse de recherche à la Banque Mondiale où il travaille sur le développement économique et l’histoire économique.


PARCOURS. Maud Funaro, Madame aime... les défis

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C’est autant la curiosité que le hasard qui ont guidé Maud Funaro vers l’Ecole d’économie de Paris : ses études à HEC ne la satisfaisant pas entièrement, elle décide d’étudier l’économie à Sciences Po Paris, où elle suit les cours de Philippe Weil. Elle se passionne pour cette matière et s’inscrit en 2004 en doctorat à PSE. Elle y suit plusieurs cours d’économie quantitative, dont ceux de Philippe Askenazy et d’Anne Perrot en économie industrielle, qui vont se révéler importants pour sa carrière.
Soucieuse de passer rapidement de la théorie à la pratique - tout en rédigeant sa thèse qu’elle soutiendra mi-2010, Maud intègre en 2005 la Direction générale du Trésor en tant qu’adjointe au chef du Pôle d’analyse économique du secteur financier. Avec son équipe, elle est responsable des modélisations économiques en vue de calibrer des mesures de politiques publiques. En 2007, Anne Perrot, devenue vice-présidente de l’Autorité de la concurrence, l’invite à l’y rejoindre. En tant que rapporteure permanente, Maud Funaro va se spécialiser dans l’étude de la grande distribution. Son bagage académique acquis à PSE lui permet d’avoir en tête les modèles pour comprendre rapidement les spécificités d’un secteur. C’est l’approche « par dossiers » qu’elle a particulièrement apprécié à l’Autorité comme son attrait pour le milieu des affaires, qui vont l’amener vers le conseil en stratégie : début 2010, elle intègre le Boston Consulting Group où ses interventions se concentrent notamment sur le secteur du luxe. Ce n’est pas un mince défi à relever, mais Maud a le sens de la communication et du travail en équipe, ainsi que la capacité à convaincre son auditoire – ces « soft skills » qui ne sont pas enseignés à l’école mais qui sont pourtant indispensables à tout bon manager.
Désireuse de tester un poste plus opérationnel, elle accepte en 2014 le rôle de PDG de la marque « Madame Aime », lingerie de luxe fabriquée en France. Le manque d’implication des investisseurs l’empêchant de développer la marque, elle a choisi récemment de prendre la direction de la stratégie et de l’innovation de E.Leclerc. Un nouveau tournant dans sa carrière que Maud Funaro aborde avec sa passion habituelle !

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Maud Funaro est actuellement Directrice de la stratégie et de l’innovation de E. Leclerc


TRIBUNE. Lorenzo Cassi - Que nous apprend l’analyse des collaborations scientifiques dans l’industrie mondiale du vin ?

Membre associé à PSE, Maître de cinférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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Les tendances mondiales de la production et du commerce du vin ont changé de manière fondamentale depuis les années 80. Les pays de l’Ancien Monde (AM) et en particulier la France et l’Italie, avaient jusqu’alors dominé le marché international du vin. A partir du début des années 90, leur suprématie a commencé à être remise en cause par de nouveaux acteurs internationaux qui ont enregistré des performances spectaculaires en termes de volumes et de valeurs exportés.
Parmi ces producteurs du Nouveau Monde (NM), on compte des pays riches relativement nouveaux dans le secteur du vin, tels que les Etats-Unis et l’Australie, et des pays émergents, tels que le Chili, l’Argentine et l’Afrique du Sud. Bien que les producteurs « historiques » restent leaders pour ce qui est de la production, de l’exportation et de la consommation de vin, les « nouveaux entrants » gagnent des parts de marché auprès des consommateurs du monde entier, et sont également de plus en plus reconnus dans les segments haut de gamme. Cette expansion prend racine dans une forte capacité d’adaptation mais également dans l’influence que ces pays exercent sur la définition d’un nouveau paradigme fondé sur une approche scientifique de la production du vin.

Un modèle pour comparer des centaines de publications scientifiques sur le vin
Des analyses récentes suggèrent que les pays émergents rattrapent rapidement leur retard en termes de production de connaissances, comme l’atteste par exemple la part croissante au niveau mondial de leurs publications scientifiques relatives au vin. Ce rattrapage dans l’activité scientifique est un des aspects du processus de modernisation technologique qui a été stimulé par des investissements constants dans la recherche de nouveaux producteurs et par le soutien offert aux nouveaux instituts de recherche spécialisés.
Dans une étude récente (1), nous avons analysé les collaborations scientifiques entre les principaux pays producteurs de vin, ainsi que les facteurs pouvant entraver ou faciliter ces interactions. L’analyse est basée sur des milliers de données bibliographiques couvrant la période 1992-2004, et les publications scientifiques relatives au vin et sujets connexes ont été sélectionnées via l’utilisation d’un critère lexicographique. Nous avons ensuite travaillé sur un modèle permettant d’expliquer les collaborations scientifiques entre deux pays en considérant leurs similarités géographiques, culturelles, commerciales, technologiques et institutionnelles.

Produire de la connaissance pour produire du meilleur vin, et vice-versa
Les résultats obtenus montrent comment les pays appartenant au même groupe, soit « l’ancien monde » soit « le nouveau monde », ont une plus grande intensité de collaborations scientifiques bilatérales. Les acteurs traditionnels de l’industrie du vin (AM) ont tendance à collaborer davantage avec leurs pairs, tandis que les nouveaux acteurs (NM) ont des interactions plus fréquentes entre eux. Par ailleurs - et cela est surprenant, les collaborations entre AM et NM ne sont pas significatives. Ces résultats confirment ceux d’une analyse précédente (2), où nous montrions que deux pays, visant le même marché final, sont confrontés à des problèmes techniques analogues et doivent satisfaire des goûts de consommations similaires. Ces pays collaborent alors davantage ensemble, notamment pour ce qui concerne la recherche.
La similitude dans la structure des échanges aurait donc un impact positif sur les collaborations scientifiques internationales. Par ailleurs, cette relation ne serait pas unidirectionnelle : il y aurait une forte interdépendance entre la science et le commerce international. L’ensemble de nos études de l’industrie mondiale du vin montre comment l’évolution des réseaux commerciaux et des collaborations scientifiques, se développe de plus en plus fréquemment conjointement. Loin d’être indépendantes, la mondialisation économique des échanges commerciaux et la mondialisation des connaissances sont deux processus qui s’influencent mutuellement.

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(1) Lorenzo Cassi & Andrea Morrison & Roberta Rabellotti, 2015. « Proximity and Scientific Collaboration : Evidence from the Global Wine Industry », Tijdschrift voor Economische en Geografie , vol. 106(2), pages 205-219.
(2) Lorenzo Cassi & Andrea Morrison & Anne L.J. Ter Wal, 2012. « The Evolution of Trade and Scientific Collaboration Networks in the Global Wine Sector : A Longitudinal Study Using Network Analysis », Economic Geography, vol. 88(3), pages 311-334.


FOCUS. Apprendre puis entreprendre

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Chaque année, à PSE, entre 130 et 150 étudiants valident leur master et environ 40 doctorants soutiennent leur thèse. Les premiers se répartissent à part égale entre ceux qui poursuivent leurs études et ceux qui entrent sur le marché du travail (voir « 2015 PSE Graduates survey »). Les seconds privilégient pour deux tiers environ une carrière académique, le tiers restant intègre des institutions nationales et internationales, et 10% s’orientent vers le privé. En marge de ces tendances, on distingue des étudiants qui font le choix de l’entreprenariat.

Durant leurs études à PSE, Son Thierry Ly (PPD 2010, PhD 2014) et Arnaud Riegert (PPD 2012, PhD 2016) ont passé au crible l’état de la recherche sur les questions d’apprentissage et acquis la conviction que « […] le numérique a le potentiel d’améliorer les acquisitions et transmissions tout en réduisant les inégalités ». Fin 2014, ils co-créent Gryzz-Lab, un laboratoire d’éducation numérique. Deux ans plus tard, ils accélèrent et lancent la plateforme Educanti avec le soutien financier d’e-FRAN : « Educanti offre aux professionnels des outils innovants pour intégrer de nouvelles méthodes pédagogiques et organiser les chemins d’apprentissage, en s’appuyant sur les dernières avancées de la recherche scientifique en psychologie cognitive ».

Clément Magar (ETE 2007) a, lui, été plus patient : « Depuis 1999, je prends des cours de chinois et m’intéresse de très près à ce pays. Après mon master, j’ai intégré la Barcelona School of Cinema puis me suis envolé pour Pékin ». Il travaille durant 4 ans chez Taihe Legend Film et crée en 2014 Lumières International, « avec l’objectif de promouvoir la culture et le cinéma chinois dans le monde ». Rapidement, l’activité s’emballe : « en 2 ans, nous avons produit et distribué de nombreuses expositions photographiques et tournées d’opéra, servi d’agent à plusieurs producteurs chinois et d’attaché de presse à la Mostra de Venise ». Clément Magar resserre désormais son activité sur le cinéma, avec des ambitions intactes.

Son master PPD en poche (2010), Quentin Roquigny travaille durant 4 ans en tant qu’économiste des transports au Trésor puis à l’Agence des Participations de l’Etat, où il contribue notamment au rapport Quinet 2013. « Après un court passage dans un fonds d’investissement, j’ai créé Research Galaxxy en 2014 : l’idée est de proposer aux entreprises des revues de littératures académiques critiques, précises et exhaustives sur leur sujet de prédilection, tout en facilitant la valorisation des connaissances scientifiques en dehors du monde académique ». Afin d’être plus agile dans son activité d’entrepreneur, il a récemment suivi une formation intensive en code au sein de la startup « Le Wagon ».
D’autres ont choisi, ou choisiront dans le futur, de mettre les outils acquis par la formation à la recherche si chère à PSE, au service de projets innovants. A toutes et tous, nous souhaitons bonne chance !
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Sites des start-ups présentées :
> http://educanti.gryzz-lab.fr
> www.lumieres-international.com
> www.researchgalaxxy.com


RESEARCH GRANTS. Les bourses ANR gérées par PSE

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L’Agence Nationale de la Recherche (ANR), créée début 2005 (1), gère et met en œuvre en France des financements dans les champs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette mission s’organise via des « appels à projets » : au sein du programme investissement d’avenir (2) depuis 2010, et au travers de bourses de recherche à durée déterminée - de 1 à 3 an(s) - dites « bourses ANR ». Celles-ci sont financées par les fonds propres de l’Agence, initialement mis à disposition par l’Etat et qui s’inscrivaient en 2014 dans un budget global de 555 millions d’euros. Depuis 2005, ce sont près de 13 300 projets qui ont été ainsi soutenus.
Chaque année, PSE répond aux différents appels à projets émis par l’ANR ; en 2015-2016, la fondation gère 12 bourses, pour un montant total de 2 690 k€, sur des sujets très variés :

  • AFRISTORY. Gérée par Denis Cogneau, cette étude vise à rassembler et étudier les données économétriques de la colonisation européenne en Afrique.
  • APPRENTISSAGES/FORMSCIENCE. Ce projet pluridisciplinaire, sous la responsabilité de Marc Gurgand, s’intéresse aux effets d’une formation des enseignants reposant sur la « démarche d’investigation ».
  • CIGNE. Marie Laclau s’intéresse à l’utilisation stratégique de la communication et de l’information dans des jeux dynamiques au sein de réseau.
  • COMDEV. Anne-Celia Disdier réexamine le lien entre commerce et développement, à la lumière des avancées théoriques récentes.
  • INDURA. Ce projet, orchestré par Jérôme Bourdieu, fédère des travaux qui s’intéressent aux inégalités comme phénomène structural.
  • LONGLIVES. Antoine Bozio mène cette étude dédiée à la compréhension de l’adaptation des politiques publiques à l’allongement des vies professionnelles.
  • NOVO TEMPUS. Jean-Pierre Drugeon investigue, dans une perspective méthodologique, la prise en compte de nouvelles dimensions temporelles dans les modèles économiques.
  • ORA. Ce projet réunit, sous la responsabilité d’Antoine Bozio, quatre équipes internationales de chercheurs pour un travail sur l’impact des cotisations sociales (salariés et employeurs) sur les salaires.
  • POLICRE. Philippe Gagnepain et Jérôme Pouyet développent des tests empiriques sur les règles théoriques établies en économie industrielle, afin de faciliter l’appropriation de ces outils par les praticiens.
  • SCHOOL CHOICE. Géré par Olivier Tercieux, ce projet a pour objectif d’analyser - empiriquement et théoriquement - les procédures d’affectation des élèves aux établissements scolaires français.
  • STRUCTTAX. Cette étude, sous la responsabilité de Thomas Breda, vise à étudier l’impact à long terme de la fiscalité sur l’emploi, les heures travaillées et les salaires.
  • SYSRI-30. Angelo Riva s’intéresse aux crises bancaires pendant la Grande Dépression en France en se fondant sur une approche interdisciplinaire concrète.

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(1) En remplacement des 2 fonds « FNS-fonds national pour la science » et « FRT-fonds pour la recherche technologique »
(2) Les deux projets présentés par PSE ont été respectivement lauréats Equipex (D-FIH) et Labex (OSE)