La science économique au service de la société

Mimeos et documents de travail

PNG - 1.6 Mo

Sommaire

Dernière mise à jour : 24 juillet 2020


COVID-19, confinement et bien-être : ce que nous apprend Google Trends

L’épidémie de COVID-19 a forcé de nombreux gouvernements à imposer un confinement. Si cette politique devrait permettre de contenir la propagation du virus, elle risque néanmoins de réduire de façon significative le bien être de la population. Les auteurs s’appuient sur des données issues de Google Trends pour comprendre si les confinements en Europe et aux Etats-Unis ont modifié les recherches en ligne de concepts et mots clés associés traditionnellement au bien-être. Dans les pays concernés, les auteurs mettent en lumière une augmentation significative des recherches en ligne liées à l’ennui, mais aussi à la solitude, à l’inquiétude et à la tristesse. A l’inverse, les requêtes liées au stress, aux suicides et aux divorces ont diminué. Ces premières pistes suggèrent un impact possiblement fort du confinement sur la santé mentale des individus.


Des coronabonds, avec ou sans l’Allemagne

Ce papier détaille comment la France pourrait mettre en place des Coronabonds sans la participation de l’Allemagne, de concert avec les Etats européens qui le souhaitent, via la création d’une Agence Europe Trésor instaurée par un Traité de Solidarité Européenne. La création de Coronabonds constitue un enjeu majeur pour soutenir l’économie des Etats membres de la zone Euro, et particulièrement de pays du sud (Italie et Espagne). En outre, la mise en place d’une taxe sur les bénéfices des multinationales à hauteur de 30%, permettrait de financer un déficit de 10% du PIB sur une période de 5 à 7 ans, en inversant la chute de l’imposition sur les sociétés en cours depuis 1980. Cette réduction de l’imposition des multinationales affaiblit la résilience des Etats en grevant leur capacité à financer les services publics, alors que celles-ci vont bénéficier d’un soutien financier en période de crise.


Modalités de contagion, diffusion du virus et porteurs non identifiés : comment réduire la « variance » à moindre coûts

Ce travail s’intéresse aux processus de contagion lorsque l’information manque, que les porteurs ne sont pas identifiés, et que les individus sont contaminés via l’utilisation successive d’un même équipement. Réduire la variance - c’est à dire la dispersion autour de la moyenne - du nombre d’utilisateurs de cet équipement grâce à des mesures logistiques et d’organisation permet toujours de limiter la contagion, sans surcoûts. Ce résultat s’applique en partie au cas d’utilisation simultanée. Ces gains permis par une meilleure organisation peuvent être substantiels, mais ils décroissent lorsque la part d’individus contaminés dépasse un pourcentage significatif. Cela plaide fortement en faveur d’actions soit au tout début de la pandémie, soit à la fin de la période de la confinement.


Stratégie optimale de prévention et d’éradication des épidémies

Ces recherches portent sur des modèles intégrés qui analysent la réponse optimale aux épidémies en prenant en compte les effets de la maladie sur la population et l’économie et les contraintes financières des gouvernements. Les auteurs présentent et intègrent un modèle général d’épidémie à deux compartiments dans un modèle macro-économique canonique pour étudier la stratégie optimale de prévention et d’éradication de l’épidémie. Ce travail théorique vise à renforcer l’intégration des modèles d’épidémiologie mathématique dans des modèles économiques.


Quand faut-il lever le confinement ? Un cadre d’analyse coûts-bénéfices centré sur le bien-être

Les dirigeants politiques ont décidé des modalités et du calendrier du confinement. Ils ont dû prendre en compte de nombreux facteurs. Pourtant, ces choix sont difficiles à prendre tant il est vrai que plusieurs éléments pris en compte sont très difficilement comparables et mesurables. Dans le cas du COVID-19 par exemple, les bénéfices économiques du déconfinement sont à comparer aux bénéfices sociaux et psychologiques, et l’ensemble doit être comparé aux potentielles augmentations de décès liés à une sortie (trop) précoce. Les auteurs proposent ici un cadre d’analyse permettant d’intégrer et d’analyser ces différents facteurs de façon plus systématique.


Le coût économique du confinement : une analyse hors équilibre

Dans cet article, les chercheurs utilisent un modèle de la dynamique l’économique hors équilibre pour étudier la propagation via les chaînes logistiques globales des chocs économiques liés au confinement. Le modèle est calibré à partir de données couvrant 56 secteurs industriels dans 44 pays. Les effets du confinement sont paramétrés dans le modèle comme des réductions de la production de certains secteurs qui conduisent à des ruptures d’approvisionnement dans d’autres secteurs. Le déséquilibre se manifeste dans le modèle par le délai avec lequel les agents réagissent à ces contraintes. Les résultats du modèle prévoient une baisse de la production mondiale baisse de 7% dès les premiers temps de la pandémie - lorsque la Chine est le seul pays (partiellement) confiné, et une chute de 23% au pic de la crise lorsque la grande majorité des pays sont en confinement. Ces conséquences directes sont amplifiées par la diffusion du choc à travers l’économie mondiale via les chaînes logistiques. Les répercussions peuvent être plus que multipliées par 2 à travers ces mécanismes. Les chercheurs s’intéressent également au processus de reprise économique qui devrait suivre la fin du confinement. Si tous les pays se réouvraient simultanément, l’économie mondiale mettrait environ un trimestre à revenir à son nouveau point d’équilibre. Ce délai de reprise serait significativement plus élevé si des confinements partiels étaient maintenus.


COVID-19 et surmortalité dans les communes françaises : pauvreté, conditions de logement et marché du travail

Ce projet de recherche vise à évaluer l’hétérogénéité de l’impact du COVID-19 sur la mortalité selon le niveau de richesse médian des communes en France et à étudier les mécanismes potentiels permettant d’expliquer une telle hétérogénéité. Dans un premier temps, les chercheurs mesurent l’écart de surmortalité expliquée par le COVID-19 entre communes pauvres et communes riches. Ils utilisent pour cela des méthodes statistiques rigoureuses (triple différence) qui permettent notamment d’isoler l’impact du COVID-19 de celui du confinement. Dans un second temps, l’équipe cherche à comprendre dans quelle mesure le taux de suroccupation des logements, la densité de population et la composition socio-professionnelle des communes peuvent contribuer au lien entre richesse et surmortalité liée au COVID-19 dans la commune. Si ces trois dimensions ne recouvrent pas l’ensemble des mécanismes possibles, une littérature récente a montré qu’elles constituent à la fois un vecteur de transmission et/ou d’exposition au virus et un marqueur prononcé du niveau de richesse.


La tenue d’élections pendant la pandémie de Covid-19 met-elle la vie des candidats en danger ?

Au début de 2020, la pandémie de Covid-19 a obligé la majeure partie de la planète à cesser toute activité non essentielle. La question de savoir s’il faut considérer les élections comme une activité essentielle dans ce contexte a fait l’objet d’intenses débats qui ont conduit à des décisions radicalement différentes à travers le monde. Les résultats empiriques permettant d’orienter les politiques publiques en la matière sont encore très rares. Ce projet de recherche vise à combler cette lacune en estimant l’impact de la tenue du premier tour des élections municipales françaises sur la mortalité des premiers intéressés, les conseillers municipaux et des candidats aux élections. Nous estimons l’impact des élections municipales françaises de la mi-mars 2020 sur la mortalité de 170 000 candidats masculins âgés de plus de 60 ans en utilisant l’appariement de plusieurs bases administratives. Nous trouvons que leur surmortalité en mars et avril a été similaire à celle de la population générale. Nous comparons ensuite les candidats des villes avec deux listes de candidats à celles des villes n’ayant qu’une seule liste, car les élections génèrent plus de contacts dans le premier groupe. Nous utilisons également un modèle de discontinuité de régression et nous étudions la mortalité en 2020 en fonction du résultat des candidats aux élections de 2014. Nous ne pouvons détecter aucun effet causal d’une participation active aux élections de 2020 sur la mortalité.


Prévenir et ralentir les épidémies : protection de la biodiversité et politiques de confinement

La relation entre la diminution de la diversité et la fréquence des zoonoses est maintenant bien documentée dans la littérature scientifique. Cependant, la totalité (à notre connaissance) de la très abondante littérature économique apparue depuis mars 2020 traite la pandémie de COVID-19 comme un choc exogène. Ce papier est une première tentative pour intégrer pertes de biodiversité et probabilité d’apparition de pandémies d’origine animale dans un modèle économique stylisé. La société peut pratiquer une politique de prévention consistant à préserver la biodiversité, ce qui décroît la probabilité d’apparition des pandémies. Elle peut aussi, une fois la pandémie apparue, en diminuer les conséquences en termes de mortalité en confinant plus ou moins sévèrement la population, au prix d’une perte de PIB. Le modèle permet de mettre en évidence les politiques optimales, en fonction de la valeur que la société accorde à la vie humaine, de son aversion aux fluctuations, de son aversion pour le risque, du taux d’escompte social et des caractéristiques de la technologie.