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Policy briefs, Notes, Issue briefs

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Sommaire

Dernière mise à jour : 27 avril 2021


Propagation des chocs dans les chaînes de valeur internationales : le cas du coronavirus

Avant de se propager à l’échelle mondiale, l’épidémie de coronavirus est apparue dans la province du Hubei.
Pour contenir la propagation du virus, le gouvernement chinois a imposé des mesures de quarantaine, entraînant un ralentissement de l’activité économique. Nous étudions ici la manière dont ce ralentissement de la production, initialement limité à la province de Hubei, se diffuse à l’économie mondiale via les chaînes de valeur internationales. La dépendance à l’égard des intrants chinois a augmenté de manière spectaculaire depuis le début des années 2000. De ce fait, la plupart des pays sont exposés au ralentissement de l’activité en Chine, à la fois directement via leurs importations de produits intermédiaires chinois et indirectement, du fait de la valeur ajoutée chinoise incorporée à d’autres intrants à la production. Cette note quantifie l’exposition totale de la France comparée à celle d’autres pays. Dans un premier temps, nous calculons la part de la valeur ajoutée chinoise dans la production française. Ensuite, nous utilisons des données au niveau des pays et des secteurs pour quantifier l’impact des mesures de quarantaine sur le PIB français.


Des coronabonds, avec ou sans l’Allemagne

Ce papier détaille comment la France pourrait mettre en place des Coronabonds sans la participation de l’Allemagne, de concert avec les Etats européens qui le souhaitent, via la création d’une Agence Europe Trésor instaurée par un Traité de Solidarité Européenne. La création de Coronabonds constitue un enjeu majeur pour soutenir l’économie des Etats membres de la zone Euro, et particulièrement de pays du sud (Italie et Espagne). En outre, la mise en place d’une taxe sur les bénéfices des multinationales à hauteur de 30%, permettrait de financer un déficit de 10% du PIB sur une période de 5 à 7 ans, en inversant la chute de l’imposition sur les sociétés en cours depuis 1980. Cette réduction de l’imposition des multinationales affaiblit la résilience des Etats en grevant leur capacité à financer les services publics, alors que celles-ci vont bénéficier d’un soutien financier en période de crise.


COVID-19 : l’Europe a besoin d’un plan d’aide d’urgence

L’épidémie de coronavirus représente un test de résistance économique sévère pour l’Europe ainsi qu’un test de l’unité européenne. Cette chronique examine comment la crise pourrait se dérouler et la réponse politique appropriée. Elle préconise un ensemble complet de mesures d’urgence par lesquelles l’UE assumerait une part significative de l’effort global d’urgence.


COVID-19, inégalités et travailleurs de « l’économie à la tâche » (gig economy)

Si certains pays ont fourni une assistance aux travailleurs incapables d’effectuer des tâches depuis leur domicile pendant la pandémie de COVID-19, certaines catégories de travailleurs ont tendance à passer entre les mailles du filet de ces programmes. Cette chronique présente les résultats d’une enquête sur les travailleurs précaires en France, y compris les travailleurs de « l’économie à la tâche » (gig economy) tels que les livreurs à vélo. Les travailleurs traditionnels de la gig economy dont les revenus sont inférieurs à 1 000 euros par mois sont plus susceptibles de continuer à travailler malgré le risque sanitaire très élevé que cela représente, ce qui suggère que le soutien mis en place laisse certains travailleurs à faible revenu exposés.


Déconfinement et lutte contre l’épidémie de COVID-19 : grouper les tests pour plus d’efficacité

La propagation de l’épidémie de COVID-19 est d’autant plus rapide qu’il est difficile de détecter les porteurs du virus. Pendant la durée d’incubation, et plus longtemps encore en cas d’absence de symptômes forts, ceux-ci ignorent qu’ils propagent la maladie. Pour limiter le nombre de victimes de l’épidémie, la stratégie adoptée par la plupart des pays touchés est donc la distanciation sociale voire le confinement, stratégie qui ne peut qu’être limitée dans le temps, étant donné son coût économique, social et humain. Aujourd’hui, la voie la plus praticable pour sortir de l’impasse semble requérir un dépistage généralisé de la population. Ce dépistage permettrait d’isoler les personnes porteuses du virus, et d’autoriser les autres à sortir du confinement. Les capacités de production des tests PCR (Polymerase Chain Reaction) sont néanmoins limitées. Bien qu’elles augmentent, elles ne permettent pas d’envisager un dépistage suffisamment systématique et fréquent pour permettre la levée des lourdes mesures sanitaires. L’utilité de chaque test peut cependant être multipliée, en l’appliquant sur le mélange des prélèvements de plusieurs individus. Cette technique déjà éprouvée dans un autre contexte a été l’objet de premières expérimentations fructueuses sur le coronavirus. Nous montrons comment la méthode de test doit être calibrée pour maximiser l’utilité de chaque test disponible.


L’économie de la compensation salariale et des prêts Corona : pourquoi et comment l’État devrait supporter la majeure partie du coût économique des confinements

En raison de la COVID-19, de larges pans de l’économie mondiale sont mis en pause par décret gouvernemental. Nous soutenons que - pour des raisons d’efficacité et d’équité - l’État devrait soutenir généreusement non seulement les coûts de main-d’œuvre mais aussi les coûts de capital, par le biais, pour ces derniers, de « prêts corona » ex ante partiellement remboursables et rapidement déboursés. Les critères exacts de remboursement peuvent être déterminés ex post - en fonction principalement de la gravité, au niveau du secteur, des pertes de revenus induites par le confinement.


COVID-19 : accélérer le développement des vaccins

Les coûts sanitaires de la pandémie de COVID-19 sont considérables, et les coûts économiques et sociaux des politiques de confinement sont encore plus importants. Cette chronique appelle à un mécanisme innovant pour favoriser le développement d’un vaccin. Les gouvernements s’engageraient dès maintenant à racheter tout brevet obtenu par une entreprise privée qui découvrirait un vaccin efficace, au prix de 60 milliards d’euros, et accorderaient le droit de produire le vaccin à toute entreprise capable de le faire. Ce mécanisme fournirait de fortes incitations à innover, tout en protégeant les firmes du risque politique d’expropriation.


Évaluer l’impact sur le bien-être de la pandémie de Covid-19 et de trois types de politiques : Suppression, contrôle et propagation incontrôlée

La pandémie de COVID-19 a imposé un compromis entre la limitation de son impact sanitaire et le maintien de l’activité économique. L’économie du bien-être offre des outils pour conceptualiser ce compromis. Nous passons en revue quatre de ces outils : la valeur de la vie statistique, la valeur des années de vie statistique, les années de vie ajustées sur la qualité et l’analyse du bien-être social. Nous estimons que ce dernier outil est supérieur. Nous discutons de la manière de choisir les politiques qui affectent le bien-être des personnes de manière différentielle. Nous plaidons en faveur d’une évaluation des politiques à l’aide d’une fonction de bien-être social, qui devrait notamment prendre en compte l’augmentation du bien-être des moins bien lotis. Nous proposons un modèle pour illustrer comment ce cadre peut évaluer deux types de politiques en réponse à la pandémie : l’éradication du virus et un contrôle plus indulgent de la propagation. Les évaluations dépendent de faits empiriques mais aussi de jugements de valeur clés sur l’importance relative de la santé et de la préoccupation pour les plus démunis. L’objectif de cette note n’est pas de formuler des recommandations précises, car les conditions varient considérablement d’un pays à l’autre et dans le temps, mais de fournir une méthodologie.


Introspection, valeurs et choix de vie au temps de la COVID-19

La crise actuelle, et plus spécialement la période de confinement durant laquelle cette enquête a été réalisée, a pu conduire les gens à faire le point sur leurs projets, leurs valeurs, les orientations qu’ils ont prises dans la vie. Si, pour certains, cette introspection a été possible, elle a pu cependant être perturbée par différents chocs réels ou simplement par l’anxiété ou d’autres émotions engendrées par les risques associés à des chocs potentiels (problème de santé pour soi ou ses proches, crise économique, tensions familiales, colère envers ceux qui ne respectent pas les gestes barrières, etc.). L’enquête a donc interrogé les répondants sur la réalité d’une telle mise au point, leur demandant si une réévaluation de leurs objectifs de vie a eu lieu et dans quels domaines, et si cela les a rapprochés ou éloignés de leurs souhaits profonds, et elle permet d’examiner si le contexte de cette crise a contribué à ce processus...


Combler le manque de confiance liée au virus COVID-19

Même si l’arrivée des vaccins contre la COVID-19 donne espoir au monde entier que la pandémie cesse un jour, beaucoup de pays sont encore en proie à la propagation du virus. Donc, dans l’attente d’une plus grande accessibilité aux vaccins et d’une distribution élargie, les mesures sanitaires préventives comme la distanciation physique, le port du masque et le lavage des mains demeureront essentielles pour endiguer la maladie. Certains ne sont pas en mesure d’adhérer aux consignes. Ainsi, bien des personnes démunies doivent vivre avec le surpeuplement, un accès limité à de l’eau propre et à du savon et des filets de sécurité sociale inexistants ou fragiles...


Une allocation juste des vaccins anti-COVID-19

Les vaccins COVID-19 autorisés doivent être distribués équitablement. Plusieurs propositions ont vu le jour, incluant des lignes directrices pour y parvenir. Cependant, dans la mesure où l’objectif est d’avoir le plus grand impact possible sur la santé, ces propositions sont insuffisantes. Nous proposons trois suggestions pour les renforcer. La tentative la plus avancée de coordination de la distribution des vaccins est le dispositif COVID-19 Vaccines Global Access (COVAX), une collaboration qui réunit des gouvernements, des entreprises, des organisations internationales et d’autres acteurs pour accélérer le développement et la fabrication des vaccins COVID-19. Jusqu’à présent, 182 pays ont rejoint le dispositif, qui a obtenu environ 2 milliards de dollars pour sa garantie de marché (AMC). L’AMC permettra à 92 pays à revenu faible ou intermédiaire d’obtenir des doses de vaccin au fur et à mesure qu’elles seront approuvées ou autorisées. Actuellement, le COVAX est conçu de telle sorte que, dans une première phase, les pays pauvres peuvent vacciner 3 % de leur population, tandis que les pays riches peuvent vacciner jusqu’à 50 %...


Comportement de sommeil avant et pendant la pandémie de COVID-19 dans 6 pays européens

La World Sleep Society célèbre la Journée mondiale du sommeil® le vendredi 19 mars 2021. Le slogan de la 14e Journée mondiale du sommeil est « Un sommeil régulier, un avenir sain ». La Journée mondiale du sommeil est un rappel à tous de l’importance du sommeil pour atteindre une qualité de vie optimale et améliorer la santé globale. Nous présentons ici les résultats des données COME-HERE, qui suivent le même groupe d’individus au fil du temps. Les quatre cycles d’enquête en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Suède ont été menés en avril/mai (8 063 répondants), juin (4 788 participants), août (5 565 répondants) et novembre/décembre 2020 (5 594 répondants). Au Luxembourg et dans la Grande Région, l’enquête a été menée en trois tours aux mois d’avril/mai (n=1007), juillet/août (n=782) et octobre/novembre (n=541). Il est important de noter qu’aux fins du présent rapport, l’enquête COME-HERE a permis de mesurer le comportement en matière de sommeil avant et à ces quatre moments de la pandémie. Elle recueille également des informations sur la qualité du sommeil auto-évaluée...


Informations sur l’(in)égalité femmes/hommes dans 5 pays européens pendant la pandémie de COVID-19

L’enquête COME-HERE est représentative au niveau national et suit le même groupe d’individus dans le temps. Les quatre cycles d’enquête ont été menés respectivement en avril/mai (8 063 répondants), juin (4 788 participants), août (5 565 répondants) et novembre/décembre 2020 (5 594 répondants). Les éléments descriptifs présentés mettent en évidence les différences et les similitudes en matière de genre et d’inégalité entre les sexes. Nous ne présentons ici que quelques faits. Les femmes consacrent toujours beaucoup plus de temps aux tâches ménagères quotidiennes et aux soins aux enfants que les hommes en France et en Espagne. Un résultat qui a été constant tout au long de la pandémie, avec des différences souvent fortement significatives sur le plan statistique...


Viser le zéro COVID-19 pour assurer la croissance économique

La pandémie se poursuivant maintenant depuis plus d’un an, il est devenu évident qu’il n’y a pas de compromis possible entre la santé et la richesse. La réussite de la gestion de la pandémie repose sur la recherche et la protection de zones vertes exemptes de COVID. Cette chronique soutient qu’en choisissant une stratégie d’élimination rapide, plusieurs pays dans le monde ont réussi à maîtriser le virus. Ils y sont parvenus en minimisant le nombre de morts et l’incertitude, et sont déjà en train de reconstruire leurs économies. En revanche, la plupart des pays européens ont suivi une logique de « stop & go » qui s’est avérée plus restrictive, plus dangereuse et plus dommageable pour l’économie.


COVID-19, bien-être et vie professionnelle

La COVID-19 a changé nos vies à bien des égards. Nous nous concentrons ici sur la manière dont nous travaillons et analysons la relation entre le travail à domicile et le bien-être. Nous disposons de cinq mesures de ce dernier : la satisfaction dans la vie, le sentiment d’avoir une vie qui en vaut la peine, la solitude, l’anxiété et la dépression. L’un des impacts les plus frappants de la pandémie a été sur notre lieu de travail. Parmi les pays de l’UE, le pourcentage de personnes travaillant à domicile était de 5 % en 2019, mais il est passé à plus d’un tiers en juillet 2020. Le chiffre dans les données de COME-HERE est comparable, avec 39 % des travailleurs travaillant à domicile en mars/avril 2020. Ce chiffre a baissé lors de la vague d’août avec l’assouplissement des mesures restrictives, mais a ensuite augmenté à nouveau en novembre pour atteindre 31 % lors de la deuxième vague COVID-19. Les mesures restrictives (y compris le travail à domicile) et la propagation de la pandémie sont évidemment liées...


Les entreprises françaises à travers la tempête COVID : analyses à partir de données d’entreprises détaillées

La question de savoir comment gérer l’héritage de la crise du COVID-19 au niveau des entreprises est en train de passer au centre de l’élaboration des politiques publiques. Cette colonne présente les résultats d’une microsimulation qui suggèrent que la crise a presque doublé la part des entreprises françaises nouvellement insolvables de mars à décembre 2020, de 3,6 % à 6,6 %. Toutefois, sans soutien public, ce chiffre aurait pu atteindre 11,9 %. Les résultats indiquent également que l’effet « remise à niveau » de la fermeture des entreprises est toujours présent, mais qu’il est moins marqué qu’en temps normal.