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Sommaire

Dernière mise à jour : 22 avril 2021


Les travailleurs précaires durant la pandémie

We set out to explore how precarious workers, particularly those employed in the gig economy, balance financial uncertainty, health risks, and mental well-being. We surveyed and interviewed precarious workers in France during the COVID-19 crisis, in March and April 2020. We oversampled gig economy workers, in particular in driving and food delivery occupations (hereafter drivers and bikers), residing in metropolitan areas. These workers cannot rely on stable incomes and are excluded from the labor protections offered to employees, features which have been exacerbated by the crisis. We analyzed outcomes for precarious workers during the mandatory lockdown in France as an extreme case to better understand how financial precarity relates to health risks and mental well-being. Our analysis revealed that 3 weeks into the lockdown, 56% of our overall sample had stopped working and respondents had experienced a 28% income drop on average. Gig economy drivers reported a significant 20 percentage point larger income decrease than other workers in our sample. Bikers were significantly more likely to have continued working outside the home during the lockdown. Yet our quantitative analysis also revealed that stress and anxiety levels were not higher for these groups and that bikers in fact reported significantly lower stress levels during the lockdown. While this positive association between being a biker and mental health may be interpreted in different ways, our qualitative data led to a nuanced understanding of the effect of gig work on mental well-being in this population group..


COVID-19, confinement et bien-être : ce que nous apprend Google Trends

L’épidémie de COVID-19 a forcé de nombreux gouvernements à imposer un confinement. Si cette politique devrait permettre de contenir la propagation du virus, elle risque néanmoins de réduire de façon significative le bien être de la population. Les auteurs s’appuient sur des données issues de Google Trends pour comprendre si les confinements en Europe et aux Etats-Unis ont modifié les recherches en ligne de concepts et mots clés associés traditionnellement au bien-être. Dans les pays concernés, les auteurs mettent en lumière une augmentation significative des recherches en ligne liées à l’ennui, mais aussi à la solitude, à l’inquiétude et à la tristesse. A l’inverse, les requêtes liées au stress, aux suicides et aux divorces ont diminué. Ces premières pistes suggèrent un impact possiblement fort du confinement sur la santé mentale des individus.


L’anxiété augmente la propension à risquer l’exposition au COVID-19 chez les jeunes adultes en France

L’épidémie de COVID-19 a généré une grande incertitude quant à l’avenir, en particulier pour les jeunes adultes. Les menaces sanitaires et économiques, ainsi que les préoccupations plus diffuses concernant les conséquences de COVID-19, peuvent déclencher des sentiments d’anxiété, conduisant les individus à adopter des comportements réduisant l’incertitude. Nous avons testé si l’anxiété était associée à une augmentation de la Volonté d’être Exposé au Risque d’Infection par COVID-19 (VERI) à l’aide d’un sondage en ligne administré à 3 110 personnes françaises âgées de 18 à 35 ans pendant la période de confinement (avril 2020). Au total, 56,5 % de l’échantillon a déclaré un VERI positif. Le chômage était associé à un VERI plus élevé (+8,2 points de pourcentage (pp) ; 95 % IC +0,9-15,4 pp). Une augmentation d’un écart-type des revenus (+1160€) et de l’anxiété liée à l’état psychologique ont augmenté le WiRE de +2,7 pp (IC 95% : +1,1-4,4 pp) et de +3,9 pp (IC 95% : +1,6-6,2 pp), respectivement. Une augmentation d’un écart-type du risque d’hospitalisation perçu a été associée à une diminution de -4,1 pp (IC à 95 % : -6,2-2,1 pp) du VERI. Dans l’ensemble, nos résultats suggèrent que tant la perspective de pertes économiques que l’anxiété psychologique peuvent saper l’adhésion des jeunes adultes aux recommandations de distanciation physique. Les politiques publiques ciblant les jeunes adultes doivent tenir compte à la fois de leur situation économique et de leur santé mentale, et elles doivent utiliser des stratégies de communication réduisant l’incertitude.


Adopter une approche par le bien-être pour les politiques publiques

Chaque jour, les décideurs politiques doivent choisir si une politique est souhaitable. Ils le font en examinant son impact sur une série de résultats. Mais le problème est de savoir comment agréger ces résultats disparates. Par exemple, alors que le nombre de cas de covid-19 augmente à nouveau, certaines mesures de confinement sont progressivement réintroduites au Royaume-Uni. Ces choix politiques conduiront à des résultats positifs (par exemple, moins de décès dus à la covid-19, moins de déplacements, meilleure qualité de l’air) et parfois négatifs (chômage, pertes de revenus, solitude, violence domestique). Comment les décideurs politiques peuvent-ils agréger ces effets disparates afin de parvenir à une évaluation globale ? Pour ce faire, il faut une « monnaie commune » permettant de mesurer tous les effets. La monnaie que nous proposons est le changement au fil du temps du bien-être humain résultant de ces politiques.



Prévenir et ralentir les épidémies : protection de la biodiversité et politiques de confinement

La relation entre la diminution de la diversité et la fréquence des zoonoses est maintenant bien documentée dans la littérature scientifique. Cependant, la totalité (à notre connaissance) de la très abondante littérature économique apparue depuis mars 2020 traite la pandémie de COVID-19 comme un choc exogène. Ce papier est une première tentative pour intégrer pertes de biodiversité et probabilité d’apparition de pandémies d’origine animale dans un modèle économique stylisé. La société peut pratiquer une politique de prévention consistant à préserver la biodiversité, ce qui décroît la probabilité d’apparition des pandémies. Elle peut aussi, une fois la pandémie apparue, en diminuer les conséquences en termes de mortalité en confinant plus ou moins sévèrement la population, au prix d’une perte de PIB. Le modèle permet de mettre en évidence les politiques optimales, en fonction de la valeur que la société accorde à la vie humaine, de son aversion aux fluctuations, de son aversion pour le risque, du taux d’escompte social et des caractéristiques de la technologie.


Stratégie optimale de prévention et d’éradication des épidémies

Ces recherches portent sur des modèles intégrés qui analysent la réponse optimale aux épidémies en prenant en compte les effets de la maladie sur la population et l’économie et les contraintes financières des gouvernements. Les auteurs présentent et intègrent un modèle général d’épidémie à deux compartiments dans un modèle macro-économique canonique pour étudier la stratégie optimale de prévention et d’éradication de l’épidémie. Ce travail théorique vise à renforcer l’intégration des modèles d’épidémiologie mathématique dans des modèles économiques.


Confinement optimal dans des économies « altruistes »

The recent COVID-19 crisis has revealed the urgent need to study the impact of an infectious disease on market economies and provide adequate policy recommendations. The present paper studies the optimal lockdown policy in a dynamic general equilibrium model where households are altruistic and they care about the share of infected individuals. The spread of the disease is modeled here using SIS dynamics, which implies that recovery does not confer immunity. To avoid non-convexity issues, we assume that the lockdown is constant in time. This strong assumption allows us to provide analytical solutions. We find that the zero lockdown is efficient when agents do not care about the share of infected, while a positive lockdown is recommended beyond a critical level of altruism. Moreover, the lockdown intensity increases in the degree of altruism. Our robust analytical results are illustrated by numerical simulations, which show, in particular, that the optimal lockdown never trespasses 60% and that eradication is not always optimal.


Numéro spécial : Environmental Economics of the Coronavirus Pandemic

Katrin Millock (PSE, CNRS) a co-édité un numéro spécial de la revue Environmental and Resource Economics qui présente des modèles théoriques et des analyses économétriques de l’impact du COVID-19 sur l’environnement naturel, et qui proposent des pistes d’interventions publiques pour une reprise verte. Plus précisément, les articles de ce numéro explorent les liens entre la pollution de l’air et l’impact sur la santé du coronavirus, les implications pour les politiques publiques climatiques visant à reduire de tels risques, et les priorités pour des politiques durables de reprise.